L'armée israélienne a officiellement revendiqué dans la nuit du 7 au 8 juin 2026 des frappes aériennes menées contre des « cibles militaires appartenant au régime terroriste iranien dans l'ouest et le centre de l'Iran ». L'annonce, diffusée par un bref communiqué militaire, intervient quelques heures après que des explosions ont été signalées à Téhéran, Tabriz et Ispahan par la télévision d'État iranienne.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont par ailleurs indiqué avoir visé des « groupes terroristes » à Souleimaniyé, dans le Kurdistan irakien, selon l'agence officielle Irna. Aucun détail supplémentaire n'a été fourni sur cette opération.

Un deuxième barrage iranien et une interception américaine

Ces frappes israéliennes font suite à un premier tir de missiles iraniens contre Israël dimanche 7 juin, présenté comme une riposte aux bombardements israéliens sur la banlieue de Beyrouth. L'État hébreu avait alors affirmé avoir intercepté les projectiles.

Mais l'escalade s'est accélérée lundi matin : l'armée israélienne a fait état d'un nouveau barrage de missiles lancé depuis l'Iran en direction de son territoire. « Il y a peu de temps, l'armée a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'État d'Israël », indique un communiqué militaire, ajoutant que les systèmes de défense antiaérienne étaient en action. Une explosion a été entendue à Jérusalem.

Dans le même temps, les États-Unis ont déclaré avoir abattu deux drones iraniens, sans préciser le lieu ou les circonstances exactes de cette interception. Cette intervention américaine illustre l'implication directe de Washington dans la défense de son allié israélien face à ce qu'elle perçoit comme une agression iranienne.

La fermeture des espaces aériens et l'intensification au Liban

Face à la multiplication des tirs, plusieurs pays de la région ont pris des mesures de sécurité. L'Irak a annoncé la fermeture temporaire de son espace aérien dimanche soir, tandis que la Syrie a procédé à une fermeture partielle du sien. L'Iran a également fermé jusqu'à nouvel ordre la partie ouest de son espace aérien. Ces restrictions témoignent de l'extrême volatilité de la situation sécuritaire.

Sur le front libanais, l'armée israélienne a indiqué qu'elle allait poursuivre ses opérations « dans tout le Liban » et « intensifier la pression » sur le Hezbollah. Des affrontements se poursuivent dans le sud du pays, où trois soldats libanais ont été tués dans une frappe israélienne, selon des informations rapportées par des sources locales. Israël continue d'étendre ses opérations au-delà de la « ligne jaune », une zone tampon établie après l'annonce d'un cessez-le-feu intervenu il y a deux mois.

Un cessez-le-feu déjà fragile volé en éclats

Ces nouveaux développements surviennent alors que la trêve conclue en avril 2026 entre Israël et le Hezbollah, sous médiation américaine, n'avait jamais totalement tenu. L'Iran, principal soutien du Hezbollah, avait jusque-là évité une confrontation directe avec Israël. Le lancement de deux salves de missiles en moins de 24 heures marque un changement majeur dans la stratégie de Téhéran.

La communauté internationale observe avec inquiétude cette escalade. Les États-Unis, qui avaient déjà dénoncé une « violation flagrante du cessez-le-feu » après des frappes américaines, se retrouvent au cœur d'une confrontation régionale qui menace d'engloutir l'Irak, la Syrie et les monarchies du Golfe, elles-mêmes ciblées par des tirs de missiles iraniens ces derniers jours.