Téhéran prend ses distances avec les déclarations tonitruantes de Washington. Vendredi 12 juin, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a affirmé que la République islamique n'a « pas encore abouti à une conclusion définitive concernant l'accord » avec les États-Unis, dans des propos rapportés par les médias d'État iraniens.
Cette mise au point intervient quelques heures après que le président américain, Donald Trump, a assuré qu'un « très bon accord » avec l'Iran avait été trouvé, évoquant une possible signature dès ce week-end en Europe. Un revirement spectaculaire, alors que le dirigeant américain avait menacé, dans les jours précédents, de lancer de nouvelles frappes contre Téhéran.
Des positions contradictoires
La divergence entre les deux capitales souligne la fragilité du processus diplomatique en cours. Alors que M. Trump présentait l'accord comme acquis, l'Iran a tenu à clarifier qu'aucune décision finale n'avait été prise, semant le doute sur la réalité d'une avancée imminente. Ces déclarations contradictoires illustrent les tensions qui persistent malgré les annonces optimistes du camp américain.
L'Égypte appelle à la modération
Dans ce contexte incertain, l'Égypte a exhorté Washington et Téhéran à saisir « l'opportunité » d'un accord pour mettre fin à la guerre. Le ministère égyptien des Affaires étrangères a indiqué, dans un communiqué publié tard jeudi, espérer « que l'opportunité qui se présente sera saisie pour parvenir à un accord sur les différentes questions en suspens et préparer le terrain à la fin de la guerre et au début d'une nouvelle phase de stabilité régionale ».
Cet appel intervient après l'annulation par Donald Trump de frappes planifiées contre l'Iran, un geste que Le Caire interprète comme une fenêtre diplomatique à ne pas laisser se refermer.
Un possible accord en suspens
Les termes précis de l'accord évoqué par Donald Trump n'ont pas été officiellement détaillés. Toutefois, des sources proches des négociations laissent entendre que le texte pourrait inclure des engagements sur le programme nucléaire iranien, ainsi qu'un cessez-le-feu régional. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, avait affirmé plus tôt dans la semaine que l'accord comprendrait « l'élimination de l'uranium enrichi iranien », une condition cruciale pour l'État hébreu.
La position iranienne, telle que formulée par son porte-parole, suggère que Téhéran entend peser de tout son poids dans les ultimes tractations, sans se laisser imposer un calendrier par Washington. L'absence de décision définitive pourrait être une tactique de négociation visant à obtenir des concessions supplémentaires, ou refléter des divergences internes au sein du régime iranien.
Un contexte régional explosif
Cette valse diplomatique se déroule dans un contexte de tensions extrêmes au Moyen-Orient. Les derniers jours ont été marqués par des échanges de frappes entre l'Iran et les forces américaines, notamment après la destruction d'un hélicoptère Apache américain, ainsi que par la poursuite des affrontements au Liban entre Israël et le Hezbollah.
L'éventualité d'un accord entre Washington et Téhéran pourrait changer la donne régionale, mais les déclarations contradictoires des deux parties laissent planer le doute sur l'issue des négociations. La communauté internationale observe avec attention les prochains développements, alors que l'Égypte et d'autres acteurs régionaux tentent de faciliter une désescalade.