L’escalade régionale prend un nouveau tournant. Alors que les combats se poursuivent au Liban en dépit d’un cessez-le-feu annoncé, la République islamique d’Iran vient d’adresser un double signal : une mise en garde diplomatique au président libanais Joseph Aoun, accompagnée de tirs de missiles contre deux monarchies du Golfe.

Un échange acrimonieux entre Téhéran et Beyrouth

Samedi 6 juin, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a interpellé Joseph Aoun sur le réseau X. La veille, le chef de l’État libanais avait intimé à Téhéran de cesser toute ingérence dans les affaires de son pays. M. Araghchi a tourné en dérision cette mise en garde, estimant que, « d’après les propos de M. Aoun, on pourrait croire que c’est l’Iran qui a occupé un cinquième du Liban, déplacé un quart des Libanais et bombarde son pays quotidiennement ». Il a ajouté : « Si le Liban avait été une monnaie d’échange pour l’Iran, nous aurions conclu un accord depuis longtemps. Sauvez le Liban de votre véritable ennemi, Monsieur le président. » Par cette formule, le chef de la diplomatie iranienne désigne clairement Israël comme l’adversaire réel, tout en rejetant les accusations de mainmise sur le Liban.

Des missiles iraniens vers le Koweït et Bahreïn

Au même moment, l’armée américaine a annoncé que l’Iran avait lancé sept missiles balistiques en direction du Koweït et de Bahreïn. Selon le communiqué militaire américain, six projectiles ont été interceptés et le septième n’a pas atteint sa cible. Les forces américaines précisent n’avoir déploré aucun blessé parmi leurs rangs et n’avoir subi aucun dégât sur leurs infrastructures à Bahreïn.

Des correspondants présents sur place ont rapporté des explosions audibles près de l’aéroport international de Koweït, ainsi qu’à Manama, la capitale bahreïnienne, où les sirènes d’alerte ont été déclenchées. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé de leur côté avoir visé des « bases ennemies » dans la région, sans fournir davantage de précisions.

Une escalade aux dimensions multiples

Ces frappes élargissent le périmètre du conflit qui oppose déjà l’Iran à Israël et à ses alliés. Le président Joseph Aoun, en prenant ses distances avec Téhéran, cherche à préserver la souveraineté libanaise alors que le sud du pays subit des opérations militaires israéliennes. L’Iran, pour sa part, semble vouloir étendre ses représailles à d’autres États de la péninsule Arabique, tout en maintenant une pression diplomatique sur Beyrouth.

Les affrontements au Liban se poursuivent malgré l’accord de cessez-le-feu annoncé, et la région tout entière redoute un embrasement généralisé. L’ouverture de négociations à Washington n’a pour l’instant pas permis d’apaiser les tensions, et la multiplication des théâtres d’opération – du Liban au Golfe – complique encore les perspectives de désescalade.