Alors que le sommet du G7 s'ouvre à Biarritz, les discussions de couloir et les rencontres bilatérales sont dominées par un seul dossier : la guerre menée par Washington en Iran. Ce conflit, qui dure depuis plusieurs mois, a relégué au second plan les thèmes économiques et de sécurité pour lesquels l'ordre du jour officiel avait été établi.

Le président américain Donald Trump est arrivé sur la côte basque française auréolé d'une actualité militaire brûlante. Les opérations américaines en territoire iranien, ainsi que leurs répercussions régionales, constituent le principal sujet de conversation entre les chefs d'État et de gouvernement réunis dans la station balnéaire. Son homologue français, Emmanuel Macron, hôte du sommet, a fait du conflit iranien le point central de leurs entretiens bilatéraux.

Un agenda détourné par l'urgence militaire

Initialement, le G7 devait permettre d'aborder des questions aussi diverses que la régulation du commerce mondial, la transition énergétique ou la lutte contre les ingérences étrangères. Mais la réalité du terrain a imposé un autre tempo. Les frappes aériennes américaines, les tensions dans le détroit d'Ormuz et la situation humanitaire en Iran occupent désormais les débats bien au-delà des sessions formelles.

Selon des sources proches de la délégation américaine, le président Trump entend réaffirmer la détermination des États-Unis à poursuivre leur campagne militaire jusqu'à l'obtention de leurs objectifs stratégiques, notamment le démantèlement des capacités nucléaires iraniennes et la cessation du soutien de Téhéran à des milices régionales. De son côté, Emmanuel Macron, tout en se présentant comme un allié, chercherait à promouvoir une issue diplomatique rapide, craignant une déstabilisation plus large du Moyen-Orient.

La position française : entre solidarité alliée et impératif diplomatique

La France, qui assure la présidence tournante du G7, se trouve dans une position délicate. Partenaire historique des États-Unis au sein de l'OTAN, Paris réaffirme sa solidarité avec Washington, mais insiste sur la nécessité de ne pas laisser le conflit s'enliser. Le chef de l'État français a multiplié les consultations en amont du sommet pour tenter d'esquisser une feuille de route de sortie de crise.

Cette priorité donnée à l'Iran n'est pas sans créer des tensions avec d'autres sujets, comme la guerre en Ukraine ou les relations commerciales transatlantiques, qui peinent à émerger dans un agenda saturé par les urgences moyen-orientales. Plusieurs délégations, notamment celles du Canada et de l'Allemagne, ont exprimé leur inquiétude face à ce qu'elles perçoivent comme un détournement de l'attention mondiale au détriment d'autres crises.

Un sommet sous haute surveillance sécuritaire

Le dispositif de sécurité déployé pour l'événement a été renforcé, tant à Biarritz que dans les villes voisines, en raison des craintes de manifestations propalestiniennes ou de tensions liées au conflit iranien. Les autorités locales ont mis en place un périmètre de protection étendu, tandis que les échanges entre les services de renseignement alliés ont été intensifiés.

Les discussions se poursuivent en marge des sessions plénières, où les chefs d'État tentent de trouver un langage commun sur la gestion de la guerre en Iran. La déclaration finale du G7, dont la rédaction est en cours, devrait refléter ces tractations, mais les divergences entre partenaires risquent d'en limiter la portée. Alors que les combats se poursuivent sur le terrain, Biarritz apparaît davantage comme un théâtre de négociations urgentes que comme une enceinte de débats programmés.