La deuxième journée du sommet des sept grandes puissances à Évian a été marquée par une déclaration commune engageant les participants à intensifier la pression sur l’économie russe. Dans un texte diffusé mercredi matin, les dirigeants affirment vouloir « renforcer nos sanctions, y compris celles sur les secteurs pétrolier et gazier ». Cette annonce fait suite aux discussions de la veille, qui avaient placé le conflit ukrainien au premier plan de l’ordre du jour.
Le document précise que les mesures supplémentaires visent à « soutenir et accélérer ce nouvel élan » en faveur d’un règlement pacifique. Les signataires s’engagent également à accroître « la livraison de capacités de défense aérienne, de systèmes supplémentaires et d’intercepteurs, ainsi que de capacités longue portée » à destination de Kiev. Cette orientation concrétise les propos tenus mardi par le président français, Emmanuel Macron, hôte du sommet, qui avait convié le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy en qualité d’invité d’honneur.
Un lien direct avec l’accord de paix au Moyen-Orient
La déclaration établit un lien explicite entre la décision de durcir les sanctions contre Moscou et la conclusion d’un accord-cadre entre les États-Unis et l’Iran. « Nous considérons que c’est le bon moment pour procéder à des mesures supplémentaires, car le président Trump a conclu un accord que nous soutenons pour la réouverture du détroit d’Ormuz », peut-on lire. Ce rapprochement traduit la volonté des membres du G7 de recentrer leur attention sur l’Ukraine après des mois dominés par le conflit américano-iranien.
Pendant cette période, l’administration Trump avait délégué le soutien à Kiev à ses alliés européens. L’Union européenne est désormais le premier bailleur de fonds de l’Ukraine. Avec le regain de disponibilité diplomatique de Washington, les dirigeants espèrent insuffler une dynamique nouvelle aux pourparlers de paix.
Optimisme prudent et divergences internes
Les échanges de mardi avaient déjà fait naître un climat d’espoir mesuré. Plusieurs participants ont évoqué une « fenêtre d’opportunité » pour avancer vers un cessez-le-feu durable. Le chancelier allemand Friedrich Merz s’est montré particulièrement confiant, estimant que les conditions étaient réunies pour une avancée significative.
Malgré l’unité affichée, des sensibilités différentes subsistent quant au rythme et à l’ampleur des nouvelles restrictions. Certains États membres, davantage exposés aux conséquences économiques d’une rupture totale avec les hydrocarbures russes, plaident pour une escalade progressive. La France et l’Allemagne pousseraient pour un calendrier accéléré, tandis que les États-Unis privilégient des sanctions maximales immédiates.
Un agenda encore chargé
Le sommet doit se poursuivre jusqu’à jeudi, avec notamment des discussions sur la sécurité alimentaire mondiale et la lutte contre le changement climatique. Néanmoins, les dossiers ukrainien et iranien continuent de monopoliser l’attention des dirigeants, confirmant que les grandes crises géopolitiques restent le moteur principal des échanges au sein du G7.