La spirale haussière enclenchée par l’explosion du prix des puces mémoire continue de s’étendre. Après avoir annoncé d’importantes majorations en Australie, Apple fait désormais face à des interrogations sur le coût futur de ses iPhone, tandis que Microsoft ajuste également ses tarifs. Cette vague de révisions provoque une onde de choc sur les marchés asiatiques, où les valeurs technologiques subissent une correction.

Australie : jusqu’à 20 % de hausse sur les iPad et MacBook

La filiale australienne d’Apple a officialisé une augmentation de prix d’au moins 20 % sur ses tablettes iPad et ses ordinateurs portables MacBook. Le modèle de base de l’iPad passe ainsi de 599 à 749 dollars australiens, tandis que l’iPad mini grimpe de 799 à 949 dollars australiens. La direction de la firme justifie cette décision par la hausse « importante » des coûts des composants, en particulier ceux liés à l’intelligence artificielle et aux barrettes de mémoire vive (RAM) et de stockage NAND.

iPhone : des rumeurs de renchérissement se multiplient

Alors que la gamme iPad et Mac vient d’être touchée, des observateurs estiment que les prochains smartphones d’Apple pourraient subir le même sort. Bien qu’aucun chiffre officiel n’ait été communiqué pour les iPhone, des analystes financiers anticipent une répercussion dès la prochaine génération, probablement en raison de l’intégration de composants mémoire plus coûteux nécessaires au fonctionnement des applications d’IA embarquée.

Microsoft emboîte le pas

La tendance n’est pas propre à Apple. Microsoft a également ajusté les prix de certaines de ses gammes de PC portables et de tablettes Surface, invoquant les mêmes tensions d’approvisionnement et l’envolée des coûts des mémoires DRAM et NAND. Les deux géants américains se trouvent ainsi confrontés à une même réalité : la demande explosive pour les serveurs d’IA a fait grimper le prix des puces mémoire, qui entrent désormais dans la composition de quasiment tous les appareils grand public.

Réaction des marchés : une onde de choc en Asie

L’annonce des hausses tarifaires a provoqué un mouvement de vente sur les places boursières asiatiques. Les titres des fabricants de semi-conducteurs et des assembleurs électroniques ont reculé, les investisseurs craignant un ralentissement de la demande si les prix continuaient de monter. Les valeurs cotées à Tokyo, Séoul et Taïwan ont particulièrement souffert, les opérateurs redoutant un effet domino sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

Consommateurs sous pression

Du côté des acheteurs, ces ajustements successifs suscitent une vive inquiétude. En Australie, les consommateurs doivent désormais débourser plusieurs centaines de dollars de plus pour un iPad ou un MacBook. Pour les particuliers comme pour les entreprises, l’équipement en matériel neuf devient plus onéreux, ce qui pourrait peser sur les ventes au second semestre.

Des perspectives contrastées

Certains experts estiment que la hausse pourrait être temporaire, liée à un pic du cycle des mémoires. D’autres jugent au contraire que l’IA structurelle maintiendra la pression sur les coûts. En attendant, Apple et Microsoft ont choisi de répercuter la facture sur leurs clients, une décision qui n’est pas sans risque dans un contexte de ralentissement économique mondial.