Moins d'une semaine après qu'un juge fédéral a ordonné le retrait du nom de Donald Trump du John F. Kennedy Center for the Performing Arts, la direction de l'institution culturelle a officiellement ordonné à ses équipes de se conformer à la décision de justice. Une note interne, datée du 4 juin, détaille l'ampleur des modifications à effectuer.
Le document juridique, adressé au personnel, stipule que « cela inclut les signatures électroniques, les communications par courriel, le papier à en-tête, le site web, les brochures, les documents promotionnels, les communiqués de presse, les panneaux, les références dans les contrats, les protocoles d'accord et autres accords, ainsi que toute autre référence au “Trump Kennedy Center”, au “Donald J. Trump and the John F. Kennedy Memorial Center for the Performing Arts” ou à tout nom similaire ». La note fait suite à l'ordonnance rendue le 29 mai par le juge de district Christopher Cooper, qui avait accordé un délai de quatorze jours pour effacer toute mention suggérant que le centre avait été rebaptisé au nom de l'ancien président.
Effacement méthodique sur tous les supports
La note de service ventile les responsabilités par département. Les services du développement, de la planification du campus et des archives sont tenus de mettre à jour immédiatement leurs modèles de documents, formulaires et politiques. Les équipes des installations et du marketing disposent quant à elles d'une échéance fixée au 12 juin pour actualiser l'ensemble de la signalétique physique et numérique.
Ce toilettage s'étend également à la façade de l'édifice : en décembre dernier, des équipes avaient fixé en urgence dix-huit lettres sur le marbre de l'institution pour ajouter le nom du président. Ce marquage doit désormais être démonté dans le cadre de la mise en conformité.
Rebranding avorté et avenir incertain
L'ajout du nom de Donald Trump avait été décidé en décembre par un conseil d'administration profondément remanié et acquis à sa cause. Le changement avait été effectué dans la précipitation, les lettres étant apposées dès le lendemain matin du vote. La justice a toutefois estimé que le conseil avait outrepassé ses prérogatives en modifiant la dénomination officielle de l'institution.
Par ailleurs, le juge Cooper a également émis une injonction préliminaire suspendant les projets de fermeture estivale du centre. Il a estimé que les membres du conseil ne disposaient pas d'informations suffisantes pour prendre une décision éclairée sur cette fermeture. La note de service précise que « la Cour n'a pas statué que le Centre doit rester ouvert pendant les rénovations, et n'a pas exigé que le Centre propose une programmation particulière sur place pendant les rénovations ». La direction indique qu'elle étudie ses options et fournira des directives complémentaires prochainement.
Dans un communiqué distinct, Donald Trump a annoncé qu'il se retirait de la gestion du Kennedy Center, sans toutefois préciser s'il accepterait la décision de justice ou s'il entendait faire appel. Ce retrait intervient alors que le conseil d'administration, nommé en grande partie par ses soins, se trouve désavoué par la justice sur deux fronts : le changement de nom et le projet de fermeture.