Le conseil d'administration du Kennedy Center, dont les membres sont nommés par le président Donald Trump, a voté en faveur d'un appel après qu'un juge fédéral a refusé de suspendre l'ordre de retrait du nom du président de la façade du centre culturel. Le juge de district américain Christopher Cooper a rejeté vendredi 12 juin la demande de la direction du John F. Kennedy Center for the Performing Arts, qui cherchait à maintenir temporairement le nom de Trump sur l'édifice pendant qu'elle conteste en justice la décision initiale.

Le juge Cooper avait statué le 29 mai que l'ajout du nom de Donald Trump à la façade de l'institution était illégal. Il avait ordonné son retrait, estimant que le Congrès avait donné son nom au Kennedy Center et que seul le Congrès pouvait le modifier. Dans une ordonnance de 94 pages, il a également souligné qu'il n'y avait « aucune preuve que le conseil ait tenu compte de l'ensemble de ses obligations légales en concluant qu'une fermeture totale du Kennedy Center était appropriée ».

La décision de justice et la réaction du conseil

Le 12 juin, le juge Cooper a rejeté la demande de suspension déposée par l'établissement, qui cherchait à maintenir le nom de Trump sur le bâtiment pendant l'appel. Peu après, le conseil d'administration a déposé une demande de suspension d'urgence auprès de la Cour d'appel des États-Unis pour le circuit du district de Columbia. Un porte-parole du Kennedy Center a déclaré que « le centre reste le mémorial vivant du président John F. Kennedy » et que « le président Trump conserve son rôle de président du conseil d'administration ».

Le retrait du nom en cours

Le juge a ordonné que le nom de Trump soit retiré de la façade du bâtiment avant vendredi. Des ouvriers ont érigé des échafaudages devant le panneau du Kennedy Center, et des barrières ont été installées autour du complexe. Une foule s'est rassemblée, scandant « Enlevez-le ! Enlevez-le ! », tandis que des photographes et des équipes de tournage étaient présents. Il n'était pas encore clair si les lettres « THE DONALD J. TRUMP AND » seraient retirées de la façade de marbre ou simplement dissimulées.

Le 4 juin, une note de service du bureau du conseiller juridique du centre avait ordonné au personnel d'utiliser uniquement « The John F. Kennedy Center for the Performing Arts » ou « Kennedy Center » dans les signatures électroniques, les en-têtes de lettres et autres documents. Le site web de l'institution avait également supprimé le nom de Trump, et un bus de la navette du Kennedy Center portait une tentative grossière de masquer le nom avec un marqueur noir. Sur Instagram, l'institution utilise désormais le pseudonyme @officialtkc.

Un conflit juridique plus large

L'affaire est née d'une action en justice intentée par la représentante Joyce Beatty, qui a soutenu que le conseil avait outrepassé son autorité en renommant l'institution. En plus de ce litige, le Kennedy Center fait face à une autre affaire : l'Opéra national de Washington a intenté une action en justice le 11 juin, affirmant que l'institution refuse de restituer plus de 17 millions de dollars de dons et de cadeaux depuis que l'opéra a rompu sa relation avec le centre en janvier. Le Kennedy Center a qualifié cette action en justice de « sans fondement » et a annoncé son intention de déposer une contre-plainte.

Le contexte de la prise de contrôle

Cette saga juridique s'inscrit dans le cadre des efforts plus larges du président Trump pour remodeler l'image et les institutions de la capitale. Trump avait pris le contrôle du Kennedy Center en nommant ses alliés au conseil d'administration, avant d'en devenir le président. Il avait également cherché à fermer le centre pour des travaux de rénovation, ce qui avait suscité l'opposition de nombreux artistes et groupes culturels. Ces tentatives de transformation du paysage monumental de Washington, D.C., ont fait l'objet de multiples contestations judiciaires.

Les réactions politiques

Trump a vivement critiqué la décision du juge, écrivant dans un message publié sur les réseaux sociaux le 29 mai que « le juge Cooper et la gauche radicale préféreraient le voir MOURIR plutôt que de laisser le président Trump le transformer en quelque chose dont tout le monde pourrait être fier ». Il s'était toutefois déclaré prêt à se retirer de l'établissement après la décision du juge, avant d'indiquer la semaine suivante qu'il resterait président du conseil d'administration et poursuivrait ses efforts de transformation.

Le conseil d'administration, dont les membres ont été choisis par Trump, tente désormais de sauver le changement de nom par le biais de l'appel. La bataille judiciaire devrait se poursuivre dans les semaines à venir, tandis que les travaux de retrait du nom se poursuivent sur la façade du bâtiment de Washington.