Washington – Le conseil d'administration du John F. Kennedy Center for the Performing Arts a voté jeudi en faveur d'un appel de la décision d'un juge fédéral qui ordonne le retrait complet du nom de Donald Trump de l'institution culturelle, a-t-on appris de sources proches du dossier. Cette décision intervient alors qu'une échéance judiciaire approche pour retirer le nom du président de la façade en marbre du bâtiment.
Le juge Christopher R. Cooper, de la cour fédérale de district de Washington, avait statué fin mai que le conseil n'avait pas le pouvoir de modifier unilatéralement le nom du centre culturel. Il a souligné que seul le Congrès était habilité à changer le nom de l'établissement, dédié à John F. Kennedy par une loi de 1964. Le magistrat avait ordonné que les références à Donald Trump soient retirées d'ici vendredi, et avait également bloqué les projets de l'administration de fermer le site pour d'importants travaux de rénovation prévus pour juillet et devant durer deux ans.
Un revirement stratégique
Ce vote du conseil marque un revirement notable. Dans un mémo adressé au personnel le 4 juin, le bureau du conseil juridique du Kennedy Center avait indiqué que les signatures électroniques, les en-têtes de lettres et autres documents officiels devaient mentionner la dénomination « The John F Kennedy Center for the Performing Arts » ou « Kennedy Center ». Le site internet de l'établissement avait déjà retiré le nom du président.
La demande formelle de suspension de l'ordonnance judiciaire doit être déposée vendredi, a précisé une personne informée de la réunion, qui s'est exprimée sous couvert d'anonymat. L'équipe juridique du centre espère ainsi obtenir un sursis avant la date butoir fixée par le tribunal.
Une réaction ambivalente de Donald Trump
Les responsables proches de Donald Trump au sein du Kennedy Center avaient initialement annoncé qu'ils contesteraient la décision, affirmant leur confiance dans le fait que la justice confirmerait la « volonté du conseil de reconnaître les contributions historiques du président à notre centre culturel national ». Toutefois, les perspectives d'un appel se sont assombries après que Donald Trump a réagi à la décision du juge par une diatribe sur les réseaux sociaux. À moins d'obtenir le contrôle des affaires du centre, a-t-il écrit, il n'avait « aucun intérêt à poursuivre ce qui ne pourrait être qu'un voyage sans espoir vers LE PAYS DE N'EN SERA JAMAIS ».
Composition du conseil
Le conseil d'administration du Kennedy Center est aujourd'hui composé presque exclusivement d'alliés de Donald Trump. Ce sont ces membres qui ont voté jeudi pour engager la procédure d'appel, marquant une nouvelle étape dans ce conflit juridique qui oppose l'institution culturelle à la justice fédérale.
Aucun commentaire n'a été obtenu dans l'immédiat auprès des représentants du Kennedy Center.