Les hostilités ont repris de plus belle entre Washington et Téhéran, moins de deux semaines après la signature d'un cessez-le-feu le 17 juin. Samedi, l'aviation américaine a frappé une dizaine de cibles sur la côte sud de l'Iran, provoquant une riposte immédiate des Gardiens de la Révolution, qui ont visé des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn.
Les frappes américaines : une réponse à une attaque de drone
Le Commandement central des États-Unis (Centcom) a indiqué avoir bombardé samedi des « infrastructures de surveillance militaires iraniennes, des systèmes de communication, des sites de défense aérienne, des installations de stockage de drones et des moyens de pose de mines ». Ces frappes visaient dix cibles au total, selon la même source. Des médias iraniens ont rapporté plusieurs explosions dans les régions de Sirik et Qeshm, dans le sud du pays.
Washington justifie ces bombardements par une attaque de drone imputée à l'Iran contre un pétrolier battant pavillon panaméen, le « M/T Kiku », qui transportait plus de deux millions de barils de pétrole brut à travers le détroit d'Ormuz. Le Centcom a diffusé une brève vidéo présentée comme celle du raid.
La riposte de Téhéran : le Koweït et Bahreïn dans la ligne de mire
Dimanche à l'aube, les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont annoncé avoir lancé des missiles et des drones en représailles. Dans un communiqué, ils affirment avoir « détruit huit infrastructures importantes de l'armée américaine sur la base Ali al-Salem au Koweït et à la base de la Cinquième flotte navale à Port Salman au Bahreïn ». Ils préviennent que « toute agression ennemie, quel qu'en soit le prétexte, même contre des cibles insignifiantes (...) recevra une riposte implacable ».
L'armée koweïtienne a confirmé être en train de repousser « des attaques menées par des missiles et drones hostiles ». Au Bahreïn, les sirènes d'alerte aérienne ont retenti à deux reprises durant la nuit, et les autorités ont demandé à la population de se mettre à l'abri.
Accusations mutuelles et menaces de Trump
Téhéran a vivement condamné les frappes américaines, les qualifiant de violation de l'accord provisoire destiné à mettre fin à la guerre qui oppose les deux pays depuis quatre mois. Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué que « ces attaques brutales montrent que les États-Unis n'accordent pas la moindre valeur ni crédibilité à leurs engagements, et que le non-respect de leurs promesses fait partie de leur nature ».
De son côté, le président américain Donald Trump a réagi avec une virulence accrue. Il a affirmé que si les États-Unis repartaient en guerre, l'Iran « cesserait d'exister ». Cette menace intervient alors que la trêve, déjà fragile, semble désormais totalement rompue. Les deux camps s'accusent mutuellement d'avoir violé le cessez-le-feu.
Un conflit qui s'étend à la région
Ce nouvel échange de frappes marque une escalade significative, avec l'implication directe de deux pays voisins de l'Iran, le Koweït et le Bahreïn, qui abritent des bases militaires américaines. La guerre a débuté en février dernier après un incident dans le détroit d'Ormuz, et les hostilités n'ont cessé de s'intensifier, malgré de brèves accalmies. Les menaces de Donald Trump de « balancer des bombes sur l'Iran » et de l'anéantir si les hostilités reprennent illustrent l'extrême tension qui règne dans la région.