À moins de vingt-quatre heures de la décision de la cour d'appel de Paris, qui déterminera si Marine Le Pen peut être candidate à l'élection présidentielle, un responsable du Rassemblement national a clairement exposé la ligne d'unité du parti. Franck Allisio, député des Bouches-du-Rhône, a affirmé que la priorité de la formation politique est de placer Marine Le Pen à l'Élysée et Jordan Bardella à Matignon.

« Notre souhait, c'est Marine Le Pen à l'Élysée, Jordan Bardella à Matignon », a-t-il déclaré dans des propos rapportés ce lundi 6 juillet. Cette prise de position intervient alors que le parti attend avec inquiétude le jugement de la cour d'appel, qui pourrait confirmer ou infirmer la peine d'inéligibilité prononcée en première instance dans l'affaire des assistants parlementaires européens.

Un message d'unité avant l'échéance judiciaire

Cette déclaration s'inscrit dans une série de prises de parole visant à afficher une cohésion entre les deux principales figures du parti, alors que le verdict pourrait bouleverser les plans du Rassemblement national pour la présidentielle de 2027. En évoquant un ticket associant Marine Le Pen à la fonction suprême et Jordan Bardella au poste de Premier ministre, Franck Allisio esquisse un schéma de répartition des rôles qui serait mis en œuvre en cas de victoire.

L'élu a également souligné que la campagne du parti se poursuit malgré les incertitudes judiciaires. Il n'a pas précisé la stratégie qui serait adoptée si la cour d'appel maintenait une peine d'inéligibilité à l'encontre de Marine Le Pen.

Contexte judiciaire décisif

La cour d'appel de Paris doit rendre sa décision dans le cadre du procès en appel concernant les soupçons d'emplois fictifs d'assistants d'eurodéputés du Rassemblement national, anciennement Front national. En première instance, Marine Le Pen avait été condamnée à une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui la privait de la possibilité de se présenter à l'élection présidentielle si la condamnation était confirmée.

Le jugement est attendu avec une attention particulière, car il pourrait conditionner l'avenir politique de la dirigeante et l'organisation du parti pour l'échéance de 2027. Jordan Bardella, actuel président du Rassemblement national, est régulièrement présenté comme un successeur potentiel dans l'hypothèse où Marine Le Pen serait empêchée de concourir.

La stratégie de communication du parti

En insistant sur le tandem Le Pen-Bardella, les cadres du Rassemblement national cherchent à rassurer leurs électeurs sur la solidité de leur projet et à couper court aux spéculations sur d'éventuelles dissensions internes. Franck Allisio, qui est également porte-parole du parti, a réitéré son soutien à la candidature de Marine Le Pen, qu'il juge « prête » pour l'Élysée, un message déjà porté par d'autres figures comme Marion Maréchal ces dernières semaines.

Cette unité affichée contraste avec les tensions qui avaient pu exister par le passé entre les différentes générations de la famille politique, mais aussi entre les lieutenants de Marine Le Pen et ceux de Jordan Bardella. Aujourd'hui, le discours officiel met en avant une complémentarité entre les deux personnalités, le premier étant décrit comme un leader naturel pour la présidentielle, le second comme un chef de gouvernement potentiel.

Réactions et attentes

Aucune déclaration officielle n'a encore été faite par Marine Le Pen ou Jordan Bardella eux-mêmes sur cette proposition de répartition des rôles. L'allocution de Franck Allisio semble davantage destinée à préparer l'opinion publique à un scénario où le parti reste uni quel que soit l'issue du procès.

Le verdict de la cour d'appel est attendu dans la journée de mardi. Il suscite une mobilisation médiatique et politique importante, tant les conséquences pourraient être lourdes pour la trajectoire du Rassemblement national et pour le paysage politique français à un an de la prochaine élection présidentielle.