Alors que la loi visant à freiner l'ultra fast-fashion vient d'être définitivement adoptée par le Parlement, les entreprises françaises d'e-commerce montent au créneau. Elles demandent un report de l'une des mesures phares du texte : l'obligation d'afficher le lieu de fabrication de chaque vêtement sur leurs plateformes de vente en ligne.

Cette exigence, qui devait entrer en vigueur rapidement, impose aux marchands de renseigner avec précision l'atelier ou l'usine où chaque article a été confectionné. Les professionnels du secteur estiment que les délais accordés sont trop courts pour adapter leurs systèmes d'information et leurs chaînes d'approvisionnement.

Selon les représentants des entreprises concernées, la mise en conformité nécessite des investissements techniques importants, notamment pour collecter et vérifier les données auprès de fournisseurs souvent situés à l'étranger. Ils plaident pour un calendrier plus progressif afin d'éviter des perturbations dans la présentation des produits et des risques de contentieux.

La mesure s'inscrit dans un dispositif plus large de lutte contre la fast-fashion, qui prévoit à terme un malus financier pouvant atteindre plusieurs euros par article vendu. Le Parlement a fixé un objectif de 10 euros de pénalité par produit d'ici 2030 pour les pratiques les plus polluantes. Le volet relatif à la transparence sur l'origine de fabrication vise à éclairer le consommateur sur les conditions de production.

Les autorités n'ont pas encore répondu publiquement à cette demande de report. Le texte adopté prévoit toutefois une entrée en vigueur échelonnée de certaines dispositions, ce qui pourrait offrir une base de discussion aux acteurs économiques.

Cette controverse illustre les tensions entre l'ambition écologique de la loi et les contraintes opérationnelles des distributeurs. Alors que les associations environnementales saluent le principe d'une information plus claire, les professionnels redoutent une complexité administrative excessive pour les petites et moyennes enseignes.

L'issue de cette demande de délai sera suivie de près par l'ensemble du secteur textile, alors que les premières obligations de la loi doivent commencer à s'appliquer dans les prochains mois.