Des attaques de drones ukrainiens ont provoqué des incendies dans une raffinerie, des dépôts de carburant et un port fluvial du sud de la Russie, ont indiqué des responsables locaux le vendredi 10 juillet. Ces frappes surviennent alors que le pays est déjà confronté à une pénurie de carburant, que le président Vladimir Poutine a lui-même reconnue ces dernières semaines.

Des installations clés touchées

Dans la région de Krasnodar, la raffinerie d'Ilsky a été embrasée après la chute de débris de drones dans le district voisin de Severskaya, notamment dans la cour d'une habitation particulière. Cette raffinerie, dont la capacité de traitement est d'environ 138 000 barils de pétrole par jour, avait déjà été la cible de frappes à plusieurs reprises par le passé.

Dans la région voisine de Rostov, les pompiers sont intervenus sur deux dépôts de carburant dans le district d'Azov ainsi que sur le port maritime de Taganrog, a indiqué le gouverneur Iouri Slioussar sur Telegram. Selon des informations préliminaires, l'incendie concernait le terminal pétrolier de Kurgannefteprodukt à Taganrog, une installation utilisée pour le chargement et le déchargement de produits pétroliers sur des navires de haute mer.

Évacuations et dégâts matériels

La maire de Taganrog, Svetlana Kamboulova, a annoncé l'évacuation des résidents des zones touchées. Une maison privée a été endommagée et le toit d'un bâtiment administratif a pris feu. Aucune victime n'a été signalée par les autorités locales.

Un contexte de tensions sur l'approvisionnement

Ces nouvelles frappes interviennent alors que les autorités russes ont déjà interdit les exportations de diesel pour tenter de faire face à la pénurie de carburant qui touche plusieurs régions. Des files d'attente se sont formées devant les stations-service, notamment dans la région de Moscou, et les prix de l'essence ont flambé. Le président Poutine avait reconnu pour la première fois fin juin un « certain déficit » de carburant, directement lié aux raids ukrainiens contre les infrastructures pétrolières russes. La veille de ces nouvelles attaques, le 9 juillet, Moscou avait officialisé l'interdiction des exportations de gazole, une mesure déjà évoquée depuis plusieurs semaines pour préserver le marché intérieur.

L'Ukraine mène depuis des mois des frappes systématiques contre les raffineries et les dépôts de carburant russes, visant à réduire les capacités d'approvisionnement de l'armée russe et à affaiblir l'économie du pays. Ces opérations ont considérablement perturbé la logistique pétrolière russe, forçant le gouvernement à prendre des mesures de restriction des ventes à l'étranger et à déclarer l'état d'urgence en Crimée après des frappes massives fin juin.

Les autorités russes n'ont pas encore fait état de l'impact direct de ces dernières frappes sur la production ou la distribution de carburant, mais la multiplication des atteintes aux sites clés accentue la pression sur un réseau déjà fragilisé.