Des files d'attente interminables

Depuis plusieurs jours, les automobilistes moscovites doivent patienter de longues heures devant les stations-service. Certaines d'entre elles ont épuisé leurs réserves d'essence et de gazole, contraignant les conducteurs à parcourir plusieurs kilomètres pour trouver du carburant. Des scènes similaires se reproduisent à Saint-Pétersbourg, à Rostov-sur-le-Don et dans d'autres grandes agglomérations.

Sur les réseaux sociaux, les témoignages abondent. « J'ai passé plus de deux heures dans une file d'attente ce matin, et quand je suis arrivé à la pompe, il ne restait plus que du diesel », raconte un habitant d'un quartier ouest de Moscou. Un autre explique avoir dû faire le tour de six stations avant de trouver de l'essence.

Des causes multiples

Cette pénurie trouve son origine dans plusieurs facteurs. D'une part, les frappes ukrainiennes contre les raffineries et les dépôts pétroliers russes ont réduit la capacité de production et de stockage. D'autre part, les autorités russes ont dû faire face à des problèmes logistiques, notamment pour acheminer le carburant des régions productrices vers les zones de consommation.

Selon les autorités russes, la situation est « temporaire » et « maîtrisée ». Le gouvernement a annoncé la mise en place d'un plan d'urgence pour approvisionner les stations-service en priorité. Toutefois, les experts estiment que les difficultés pourraient persister tant que les attaques ukrainiennes se poursuivront.

Des mesures d'urgence

Face à la crise, les autorités locales ont pris plusieurs mesures. À Moscou, la vente de carburant est limitée à 40 litres par véhicule dans certaines stations. Dans d'autres régions, les automobilistes sont invités à ne pas faire le plein inutilement.

Le gouvernement russe a également interdit les exportations de diesel et d'essence jusqu'à nouvel ordre, afin de préserver les réserves intérieures. Une décision qui risque d'affecter les marchés mondiaux des carburants.

Réactions politiques

Le président Vladimir Poutine a reconnu pour la première fois l'existence d'un « certain déficit » de carburant, lors d'une rencontre avec des responsables régionaux. Il a imputé cette situation aux « actions hostiles » de l'Ukraine et a promis des « mesures de rétorsion ».

De son côté, l'Ukraine a revendiqué la responsabilité des frappes contre les infrastructures pétrolières russes, affirmant qu'elles visaient à « affaiblir la capacité de la Russie à poursuivre la guerre ». Les autorités ukrainiennes ont précisé que ces opérations continueraient tant que les troupes russes occuperaient des territoires ukrainiens.

Conséquences économiques

La pénurie de carburant a des répercussions sur l'économie russe. Les prix à la pompe ont augmenté de près de 10 % en un mois, alimentant l'inflation. Les transporteurs routiers, particulièrement touchés, ont menacé de paralyser le pays si aucune solution n'était trouvée rapidement.

Les experts redoutent que cette crise ne s'aggrave avec l'arrivée de l'hiver, période de forte consommation de gazole pour le chauffage et le transport.