Une nouvelle série d’attaques ukrainiennes a visé dans la nuit de jeudi à vendredi plusieurs infrastructures pétrolières du sud de la Russie, aggravant les tensions sur un réseau d’approvisionnement déjà fragilisé par des frappes répétées.

Selon les autorités régionales, des débris de drones sont tombés sur la raffinerie d’Ilsky, dans le kraï de Krasnodar, provoquant un incendie. Ce site, d’une capacité de traitement d’environ 138 000 barils par jour, avait déjà été visé à plusieurs reprises par le passé.

Dans la région voisine de Rostov, le gouverneur Iouri Slioussar a fait état sur Telegram de feux dans deux dépôts de carburant du district d’Azov ainsi qu’au port maritime de Taganrog. Selon des informations non officielles, le terminal pétrolier de « Kourgannefteprodukt », qui assure le chargement et le déchargement de produits pétroliers à Taganrog, serait en proie aux flammes.

La maire de Taganrog, Svetlana Kamboulova, a indiqué que des habitants avaient été évacués des zones touchées. Une maison individuelle a été endommagée et le toit d’un bâtiment administratif a pris feu. Aucune victime n’a été signalée.

Ces nouvelles frappes interviennent alors que le président russe Vladimir Poutine a reconnu, pour la première fois, que les attaques ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes causaient un « certain déficit » de carburant dans le pays. Depuis plusieurs semaines, les régions russes connaissent des pénuries et des files d’attente dans les stations-service, notamment dans le Centre et le Sud.

Le gouvernement russe avait annoncé le 8 juillet l’interdiction des exportations de diesel, mesure destinée à préserver les réserves nationales. Les frappes de ce vendredi pourraient accentuer la pression sur l’État pour étendre ces restrictions ou adopter de nouvelles mesures.

L’armée ukrainienne n’a pas officiellement commenté ces opérations, mais les autorités locales russes confirment l’ampleur des dégâts matériels. L’incendie à la raffinerie d’Ilsky a été maîtrisé, selon les services d’urgence, sans toutefois préciser l’ampleur des pertes de production.

Ces attaques s’inscrivent dans la stratégie de Kiev visant à affaiblir la logistique énergétique russe, en ciblant non seulement les raffineries mais aussi les dépôts et les ports d’exportation. Les frappes précédentes, notamment dans la région de Saint-Pétersbourg ou en Crimée, ont déjà contraint Moscou à suspendre des ventes de carburant au public.

La situation alimente les craintes d’une aggravation de la pénurie alors que l’été bat son plein et que la demande de carburant est élevée. Les autorités russes tentent de rassurer sur la disponibilité des stocks, mais les files d’attente persistent dans plusieurs régions.

Aucun bilan définitif des dommages n’a encore été communiqué par les autorités russes, mais ces nouvelles frappes confirment la vulnérabilité des installations pétrolières russes face aux drones ukrainiens.