Un axe stratégique pour la liberté de navigation
Lors de leur rencontre à Paris, le président français Emmanuel Macron et le sultan d'Oman, Haïtham ben Tariq, ont exprimé leur position commune en faveur d'un transit libre et sans condition à travers le détroit d'Ormuz. Ce passage maritime, situé entre le golfe Persique et le golfe d'Oman, constitue l'une des routes les plus cruciales pour le transport du pétrole et du gaz naturel liquéfié à l'échelle mondiale. La déclaration conjointe des deux chefs d'État souligne leur attachement à garantir que les navires puissent emprunter cette voie sans restriction, une position qui intervient dans un contexte de tensions régionales récurrentes.
Un « partenariat très spécial » entre Paris et Mascate
Emmanuel Macron a qualifié les relations franco-omanaises de « partenariat très spécial », insistant sur la confiance et la coopération de longue date entre les deux nations. Le sultan Haïtham ben Tariq effectuait sa première visite d'État en France depuis son accession au pouvoir, ce qui a donné lieu à des discussions approfondies sur les moyens de renforcer les liens bilatéraux. Au-delà des enjeux sécuritaires, les entretiens ont porté sur des secteurs clés tels que l'énergie, le commerce et les investissements.
Une convergence sur les questions régionales
Les deux dirigeants ont également échangé sur les crises qui secouent le Moyen-Orient. La position d'Oman, traditionnellement neutre et médiatrice dans les conflits régionaux, rejoint celle de la France sur plusieurs dossiers sensibles, notamment la stabilité au Yémen et les tensions dans le Golfe. La question de la sécurité maritime dans le détroit d'Ormuz, où des incidents ont impliqué des navires pétroliers ces dernières années, a constitué un point central des discussions. Paris et Mascate se sont accordés pour défendre le principe de libre circulation sans que des conditions préalables ne soient imposées aux navires de commerce.
Des perspectives économiques renouvelées
Cette visite a aussi été l'occasion de donner un nouvel élan aux relations économiques. Des accords commerciaux et des projets d'investissement dans les énergies renouvelables, l'hydrogène vert et les infrastructures portuaires ont été évoqués. Oman, qui cherche à diversifier son économie au-delà des hydrocarbures, voit en la France un partenaire technologique et industriel de premier plan. De son côté, Paris entend renforcer sa présence dans le sultanat, considéré comme une plateforme stable dans une région instable.
Un signal pour la communauté internationale
En s'engageant publiquement pour un transit sans entrave à Ormuz, la France et Oman adressent un message clair à la communauté internationale, en particulier aux autres puissances riveraines et aux grandes nations consommatrices d'énergie. Ce faisant, ils rappellent l'importance du droit international et de la liberté de navigation, principes régulièrement mis à l'épreuve dans cette zone sensible.