Décollage et insertion orbitale
La mission de sauvetage du télescope spatial Swift a franchi une première étape décisive. La sonde Link, développée par Katalyst Space Technologies, a été mise en orbite avec succès le 3 juillet depuis les îles Marshall, dans l'océan Pacifique. Le lancement a été assuré par le lanceur aéroporté Pegasus, opéré par le groupe américain Northrop Grumman. Le décollage s'est déroulé sans incident, ouvrant la voie à une phase opérationnelle inédite dans l'histoire spatiale récente.
Un rattrapage orbital périlleux
La sonde Link, équipée de trois bras mécaniques, doit désormais rejoindre le télescope Swift, qui orbite à environ 360 kilomètres d'altitude. Selon Ghonhee Lee, le directeur général de Katalyst, cette phase de rendez-vous orbital devrait prendre environ un mois. Le dirigeant a qualifié l'entreprise de « mission à haut risque et à haute récompense ». Il a ajouté que « le plus grand danger était de ne rien lancer et de laisser Swift brûler dans l'atmosphère ; notre équipe a évité ce risque ». Une fois à proximité, Link devra capturer le satellite à l'aide de ses bras puis utiliser ses propulseurs pour le hisser à une altitude plus élevée, en augmentant son orbite d'environ 240 kilomètres. Cette manœuvre doit être réalisée avec une extrême précaution pour ne pas endommager le télescope vieillissant.
Un objet scientifique menacé
Le télescope Swift, lancé en 2004, pèse 1,4 tonne et a permis de traquer certaines des explosions les plus puissantes de l'univers, comme les sursauts gamma et les supernovas. L'instrument subit depuis plusieurs mois une érosion accélérée de son orbite, conséquence de l'activité solaire récente. La Nasa avait averti que, sans intervention, Swift descendrait à une altitude irrécupérable d'ici la fin de l'été et se consumerait dans l'atmosphère à partir d'octobre. Face à cette urgence, l'agence spatiale américaine a alloué 30 millions de dollars (environ 26 millions d'euros) à Katalyst pour tenter cette mission de sauvetage.
Calendrier et perspectives
Si les opérations de capture et de rehaussement orbital se déroulent comme prévu, le télescope Swift pourrait reprendre ses observations scientifiques dès le mois de septembre. Katalyst procédera à des poussées progressives pour éviter toute secousse brutale. La réussite de cette mission constituerait une première dans l'histoire spatiale, en démontrant la capacité à sauver un satellite scientifique vieillissant plutôt que de le laisser se désintégrer dans l'atmosphère.