SpaceX, la société fondée par Elon Musk, a fait son entrée sur les marchés boursiers ce vendredi 12 juin 2026, une étape très attendue qui marque le début de la cotation de l'une des entreprises privées les plus valorisées au monde. L'entreprise a finalisé son introduction en Bourse (IPO) jeudi soir, fixant le prix de ses actions à 135 dollars et vendant plus de 555 millions de titres. Cette opération, la plus importante jamais réalisée sur le marché primaire, a permis à SpaceX de lever environ 75 milliards de dollars, valorisant l'ensemble du groupe à 1 770 milliards de dollars.
Les actions de SpaceX ont commencé à être échangées sous le symbole SPCX sur le Nasdaq, mais les premiers échanges concrets pourraient prendre plusieurs heures. Les banques chargées de l'opération, menées par Goldman Sachs, s'efforcent de déterminer le prix d'équilibre du titre, c'est-à-dire le niveau auquel l'offre et la demande se rencontrent. Ce mécanisme, courant pour les nouvelles cotations, vise à assurer une certaine stabilité des cours dès l'ouverture du marché. Le prix de départ pourrait s'avérer supérieur ou inférieur aux 135 dollars fixés lors de l'IPO.
Vers le premier trillionnaire ?
Parmi les grands gagnants de cette introduction figure Elon Musk, déjà l'homme le plus riche du monde. Sa participation d'environ 50 % dans SpaceX, valorisée à plus de 860 milliards de dollars au prix de l'IPO, pourrait encore s'apprécier si le titre progresse lors des premiers jours de cotation. Selon les documents déposés par l'entreprise, certaines de ses actions demeurent toutefois soumises à des restrictions de vente, liées à la réalisation d'étapes opérationnelles. L'envolée du cours pourrait néanmoins propulser la fortune personnelle du dirigeant au-delà des 1 000 milliards de dollars, faisant de lui le premier trillionnaire de l'histoire.
Un contexte financier contrasté
Si l'appétit des investisseurs pour SpaceX s'est révélé massif, la santé financière de l'entreprise présente des nuances. Selon le prospectus d'introduction, le groupe a enregistré une perte nette de plus de 4,9 milliards de dollars l'année dernière, contre un bénéfice de 791 millions de dollars en 2024. Ce basculement dans le rouge s'explique notamment par une hausse significative des dépenses liées à l'intelligence artificielle. Parallèlement, le chiffre d'affaires a progressé de 33 % pour atteindre 18,7 milliards de dollars en 2025. SpaceX a révolutionné le secteur spatial avec ses fusées partiellement réutilisables et son service internet par satellite Starlink, qui dessert des zones rurales, des compagnies aériennes et l'armée ukrainienne. Plus tôt dans l'année, l'entreprise a également acquis xAI, la start-up d'intelligence artificielle de son fondateur, qui a développé le chatbot Grok et possède le réseau social X, anciennement Twitter.
Une célébration à Wall Street
L'événement a donné lieu à des festivités inhabituelles dans les locaux de la banque Goldman Sachs, chef de file de l'opération. Le hall d'accueil et la cafétéria ont été entièrement redécorés sur le thème de l'espace, avec une station de ravitaillement servant des lattés et des macarons imitant des roches lunaires. Le restaurant d'entreprise proposait un brunch baptisé « mission control », avec des « burritos du big bang ». Les frais d'introduction, estimés à un niveau record de 550 millions de dollars, témoignent de l'ampleur de la transaction et de l'enthousiasme des banques.
Des implications pour le secteur technologique
L'entrée en Bourse de SpaceX pourrait ouvrir la voie à d'autres introductions massives dans le domaine de l'intelligence artificielle. Les sociétés Anthropic et OpenAI ont déjà déposé confidentiellement des dossiers d'IPO ce mois-ci, avec des valorisations approchant les 1 000 milliards de dollars. Plus tôt en 2026, le fabricant de puces d'IA Cerebras avait donné le coup d'envoi de cette vague avec une hausse de 68 % lors de son premier jour de cotation. Les analystes s'attendent à ce que ces opérations génèrent une vague de richesse considérable dans la Silicon Valley et à Wall Street, redessinant les équilibres du secteur technologique mondial.