Un témoignage très attendu a marqué la deuxième semaine du procès de Marie-Thérèse Garcia, jugée devant la cour d’assises pour le meurtre de sa belle-sœur, Corinne Di Dio. La fille de l’accusée, qui a longtemps hésité à prendre la parole, est venue livrer son récit des faits et dresser un portrait contrasté de sa mère.
Des propos troublants rapportés par la fille
Interrogée sur les relations entre sa mère et la victime, la fille de Marie-Thérèse Garcia a révélé que l’octogénaire avait évoqué à plusieurs reprises son intention de « piéger une personne ». Ces déclarations, prononcées avant le drame, prennent une dimension nouvelle aux yeux des enquêteurs. « Elle disait qu’elle voulait piéger une personne », a-t-elle relaté à la barre, sans pouvoir préciser si sa mère faisait alors directement référence à sa belle-sœur.
La fille de l’accusée a également décrit une personnalité complexe et autoritaire. Selon elle, Marie-Thérèse Garcia « pouvait être violente », tant verbalement que physiquement, même si cette facette n’était visible que dans le cercle familial. Elle a expliqué que sa mère entretenait une relation conflictuelle avec Corinne Di Dio, faite de jalousies et de rancoeurs anciennes, sans pour autant imaginer qu’elle puisse aller jusqu’au passage à l’acte.
Un portrait qui confirme la thèse de l’accusation
Ces déclarations viennent étayer la thèse du ministère public, qui décrit une femme « manipulatrice » et « vindicative ». L’accusation soutient que Marie-Thérèse Garcia a prémédité le meurtre de sa belle-sœur, âgée de 72 ans, retrouvée morte à son domicile en 2023. Les experts psychiatres avaient déjà relevé chez l’accusée des traits de personnalité paranoïaques et narcissiques.
La défense, de son côté, tente de minimiser la portée des propos de la fille, en rappelant que celle-ci a longtemps été sous l’emprise de sa mère et qu’elle cherche aujourd’hui à se distancier. L’avocate de Marie-Thérèse Garcia a souligné que sa cliente « n’a jamais cessé de clamer son innocence » et que ce témoignage ne constitue pas une preuve matérielle.
Une accusée qui se dit victime d’un complot
Âgée de 74 ans, Marie-Thérèse Garcia est la détenue la plus âgée de France. Incarcérée depuis son arrestation, elle comparaît libre, mais sous contrôle judiciaire. Durant l’audience, elle a maintenu sa version des faits : elle affirme n’être pour rien dans la mort de sa belle-sœur et dénonce un « complot » ourdi par son entourage. Ses déclarations, souvent théâtrales, ont agacé la cour à plusieurs reprises.
Le procès doit encore entendre plusieurs témoins, dont des voisins et des membres éloignés de la famille, avant les plaidoiries prévues en fin de semaine. Le verdict est attendu d’ici quelques jours.
Un procès qui interroge sur la dangerosité des seniors
Au-delà du cas individuel, cette affaire soulève des questions plus larges sur la violence chez les personnes âgées. Les experts rappellent que les passages à l’acte criminel chez les seniors, bien que rares, ne sont pas inexistants. Ils pointent souvent un isolement social et des troubles psychiatriques non traités comme facteurs aggravants. Le profil de Marie-Thérèse Garcia, décrit comme une femme « clivante » et « imprévisible », illustre ces enjeux.