Le gouvernement britannique s'apprête à franchir une étape inédite dans la protection des mineurs en ligne. Keir Starmer, le Premier ministre, doit présenter ce lundi un plan visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans, selon des informations rapportées par plusieurs médias.

Cette interdiction concernerait des plateformes majeures telles que TikTok, Instagram, Threads, Facebook, X, YouTube, Snapchat et Reddit. Le Royaume-Uni entend ainsi aller plus loin que l'Australie, en incluant également les chatbots dotés d'une dimension romantique ou sexuelle, et en imposant un couvre-feu numérique pour les adolescents plus âgés, dans le but de mettre fin à l'utilisation nocturne des écrans.

Une consultation historique

La secrétaire d'État à la Culture, Lisa Nandy, également députée de Wigan, a indiqué dimanche sur le programme télévisé « Sunday With Laura Kuenssberg » qu'une interdiction seule ne constituait pas une « solution miracle », mais devait s'inscrire dans un « ensemble de mesures » visant à protéger les enfants en ligne. Elle a précisé que la consultation gouvernementale avait été lancée avec « une question sur la manière de mieux protéger les jeunes en ligne, non pas sur la nécessité de le faire ». Les réponses, a-t-elle ajouté, ont été « extrêmement claires » : bien que tout le monde n'ait pas souhaité une interdiction totale pour les moins de 16 ans, « la grande majorité des répondants l'ont fait ». Ce soutien émanait non seulement de parents et de militants, mais aussi de nombreux jeunes eux-mêmes, qui estiment être « entraînés dans quelque chose de très toxique à un très jeune âge ».

La consultation a recueilli environ 116 000 réponses, ce qui en fait la deuxième plus grande consultation gouvernementale de l'histoire du pays, après celle sur le mariage homosexuel en 2012.

L'exemple australien

Lisa Nandy a souligné que l'expérience australienne montrait qu'une interdiction, bien qu'imparfaite, pouvait contribuer à faire évoluer la culture en modifiant l'attente selon laquelle des enfants de huit, neuf, dix ou onze ans, « pas vraiment équipés émotionnellement pour y faire face », devraient être en ligne simplement parce que tous leurs amis le sont. « Je ne pense pas qu'interdire les réseaux sociaux soit la solution miracle, mais je pense que l'Australie a montré très clairement que cela a un rôle important à jouer », a-t-elle déclaré.

Limitations pour les moins de 18 ans

Outre l'interdiction pour les moins de 16 ans, le gouvernement prévoit de limiter l'utilisation quotidienne des réseaux sociaux pour les moins de 18 ans, afin de réduire le temps passé sur ces plateformes, notamment en soirée. Les restrictions concernant les chatbots à caractère romantique ou sexuel constituent également une nouveauté par rapport à la législation australienne.

Prochaines étapes

L'annonce officielle de Keir Starmer est attendue ce lundi. Le gouvernement devra ensuite préciser les modalités techniques et juridiques de mise en œuvre de ces mesures, ainsi que le calendrier de leur entrée en vigueur. Ces propositions s'inscrivent dans un contexte de préoccupation croissante quant à l'impact des réseaux sociaux sur la santé mentale et le développement des jeunes.