Le gouvernement britannique a officiellement annoncé ce lundi 15 juin l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans. Le Premier ministre Keir Starmer a présenté la mesure lors d'une conférence de presse, qualifiant cette décision de « choix pleinement justifié ». Cette interdiction, qui devrait entrer en vigueur au printemps 2027, s'inscrit dans une volonté de protéger les enfants en ligne et de contrer l'influence des grandes entreprises technologiques.
« Cela va changer les discussions que les parents ont et les attentes des enfants à terme. Cela fera une énorme différence. Cela rendra nos enfants plus en sécurité, plus heureux, leur donnera plus de temps, plus de sécurité, plus de liberté pour grandir, plus d'opportunités », a déclaré Keir Starmer devant la presse.
Une interdiction large et des mesures complémentaires
L'interdiction concerne les plateformes comme TikTok, Snapchat et Instagram, mais le gouvernement entend également agir contre les services de jeux vidéo et de streaming en direct qui permettent aux enfants de communiquer avec des inconnus. « Existe-t-il une situation dans le monde réel où vous laisseriez votre enfant discuter avec un étranger, un adulte que vous ne connaissez pas ? Non, donc nous agissons sur ce point », a justifié le chef du gouvernement.
Le Premier ministre a dénoncé des plateformes qui, selon lui, « exposent les enfants à des contenus dangereux conçus pour être addictifs ». Outre l'interdiction pour les moins de 16 ans, l'exécutif britannique prévoit d'étudier des mesures supplémentaires pour les jeunes de 16 à 18 ans, notamment des couvre-feux nocturnes et des interruptions du défilement infini. Un communiqué gouvernemental précise que ces pistes seront détaillées en juillet.
Un calendrier resserré
Keir Starmer a indiqué espérer que la législation soit adoptée d'ici fin décembre, pour une mise en application au printemps 2027. L'annonce intervient après des consultations gouvernementales au cours desquelles des adolescents britanniques ont expérimenté des interdictions temporaires et des limitations de temps sur les applications.
Le Royaume-Uni rejoint ainsi une dynamique internationale. L'Australie était devenue, en décembre dernier, le premier pays à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Plus récemment, le Canada a présenté un projet de loi interdisant aux moins de 16 ans de posséder des comptes sur les réseaux sociaux, tout en imposant aux plateformes de chatbots basés sur l'intelligence artificielle de limiter la création de contenus nuisibles.
Des réserves exprimées par certaines plateformes
Un porte-parole de YouTube a réagi à l'annonce en mettant en garde contre le risque qu'une interdiction aussi large pousse les enfants « vers des services moins sûrs ». Cette critique reflète les inquiétudes du secteur technologique, qui estime que des mesures plus ciblées pourraient être plus efficaces.
Le gouvernement britannique assure pour sa part que cette régulation reflète les valeurs du pays et permettra de mieux protéger les enfants en ligne. Les modalités précises de mise en œuvre, notamment les mécanismes de contrôle et les sanctions encourues par les plateformes qui ne respecteraient pas l'interdiction, devraient être précisées dans les prochains mois.