Le président de la République, Emmanuel Macron, et la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, ont tenu leur premier sommet bilatéral à Antibes, marquant une étape significative dans le réchauffement de leurs relations. Alors que les deux dirigeants étaient perçus comme distants depuis l’arrivée au pouvoir de la dirigeante post-fasciste en 2022, les échanges se sont déroulés dans une atmosphère qualifiée de cordiale.
Une ironie assumée du chef de l’État
À l’issue des discussions, Emmanuel Macron a ironisé sur le refroidissement passé des liens entre Paris et Rome, lâchant une formule qui a retenu l’attention : « Il n’y a plus rien de glaciaire. » La remarque, faite sur un ton léger, visait à enterrer les mois de friction autour des questions migratoires et budgétaires qui avaient opposé les deux capitales.
De son côté, Giorgia Meloni a tenu à nuancer toute idée de conflit antérieur. « Nos relations n’ont jamais été glaciales », a-t-elle déclaré, avant de préciser que les entretiens avec son homologue français sont « sérieux » et constructifs. La dirigeante italienne a souligné la convergence de vues sur plusieurs dossiers européens et internationaux.
Une initiative commune pour le Liban
Au-delà des signaux diplomatiques, le sommet a donné lieu à une annonce concrète. La France et l’Italie ont fait savoir qu’elles souhaitent mettre sur pied une « coalition » multinationale destinée à prendre le relais de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). L’objectif affiché est de « renforcer la souveraineté du Liban » en proposant un dispositif sécuritaire qui pourrait succéder à la mission onusienne actuelle, dont le mandat et l’efficacité font régulièrement débat.
Les deux pays, qui comptent parmi les principaux contributeurs de la Finul, entendent ainsi impulser une nouvelle approche pour la stabilité du pays du Cèdre. Aucun calendrier précis ni liste de participants potentiels n’a été communiqué à ce stade, mais les dirigeants ont promis de consulter leurs partenaires européens et méditerranéens dans les prochaines semaines.
Un rapprochement aux accents pragmatiques
Ce premier sommet bilatéral, organisé dans la villa Éden-Roc d’Antibes, illustre la volonté des deux bords de dépasser les divergences idéologiques. Emmanuel Macron, issu de la social-démocratie, et Giorgia Meloni, figure de la droite nationale, ont multiplié les dossiers de coopération : énergie, défense, gestion des flux migratoires, mais aussi soutien à l’Ukraine. Les deux dirigeants ont insisté sur la nécessité d’une Europe plus unie face aux crises multiples.
Les observateurs notent que ce sommet intervient alors que les relations bilatérales avaient connu plusieurs accrocs, notamment sur la répartition des migrants en Méditerranée et sur la politique budgétaire de Rome. L’affichage de complicité à Antibes semble donc marquer une volonté de repartir sur de nouvelles bases.
Des suites attendues
Aucune déclaration commune écrite n’a été diffusée à l’issue de la rencontre, mais les deux chefs d’exécutif ont promis de se retrouver régulièrement pour suivre les chantiers lancés. La proposition sur le Liban devrait être présentée officiellement lors des prochaines réunions internationales. En attendant, le « dégel » franco-italien est devenu le principal sujet de conversation dans les capitales européennes.