Un ton acerbe dès l'ouverture

Le sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN, qui se tient sur deux jours à Ankara, a été marqué dès sa première journée par une série de critiques cinglantes du président américain Donald Trump à l'encontre de l'Alliance atlantique. S'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, M. Trump a déclaré être « très déçu par l'OTAN », selon les propos rapportés depuis la capitale turque.

Le président américain a notamment reproché à plusieurs alliés européens de ne pas avoir apporté un soutien suffisant à Washington dans le cadre du conflit avec l'Iran, qui a impliqué les États-Unis et Israël. « Nous n'avons pas été bien traités parce que nous avons agi en Iran », a-t-il affirmé, avant d'ajouter : « Pourquoi dépensons-nous des centaines de milliards de dollars alors qu'ils ne sont pas là pour nous ? Nous avons toujours été là pour eux. » M. Trump a expressément cité l'Italie, l'Allemagne et la France comme des pays ayant « refusé » leur appui.

Une présence conditionnée à l'amitié avec Erdogan

Le locataire de la Maison-Blanche a également laissé entendre que sa participation au sommet n'était pas acquise. « Si ce n'était pas en Turquie, où mon ami se trouve être un dirigeant très fort, une personne très forte, il est possible que je n'aurais pas assisté », a-t-il confié, en référence à Recep Tayyip Erdogan. Cette déclaration intervient alors que les relations entre Washington et plusieurs capitales européennes sont tendues, notamment sur les questions de défense et d'engagement militaire.

Des objectifs de dépenses de défense loin d'être atteints

Au cœur des débats, la question des budgets de défense a de nouveau provoqué des frictions. Selon des données actualisées de l'OTAN publiées avant l'ouverture du sommet, seuls cinq États membres devraient atteindre en 2026 l'objectif fixé de 3,5 % de leur produit intérieur brut consacré à la défense principale. D'autres pays, selon ces projections, se maintiennent à environ 2 % de leur PIB, un seuil jugé insuffisant par Washington. Donald Trump n'a cessé, depuis son retour au pouvoir, de faire pression sur ses partenaires pour qu'ils augmentent leurs contributions.

Les autres dossiers brûlants : Groenland et Ukraine

Au-delà des dépenses, le sommet d'Ankara est également l'occasion de discuter de l'avenir du Groenland – territoire autonome danois dont le président américain a évoqué à plusieurs reprises l'acquisition – ainsi que du conflit en Ukraine. Les alliés doivent définir leur position sur le soutien militaire à Kiev, alors que les États-Unis montrent des signes de lassitude. Les discussions se poursuivront mercredi lors de la session principale, qui réunit les représentants des 32 pays membres de l'Alliance ainsi que des partenaires comme l'Ukraine.

Un sommet sous haute tension

Cette première journée a mis en lumière les fractures qui traversent l'OTAN, soixante-dix-sept ans après sa fondation. Les critiques ouvertes de Donald Trump, couplées à la menace implicite de désengagement américain, contrastent avec l'ambition de certains alliés européens de renforcer l'autonomie stratégique du continent. Le sommet d'Ankara pourrait marquer un tournant dans les relations transatlantiques, même si les dirigeants affichent en public leur volonté de maintenir l'unité de l'Alliance.