Alors qu'une troisième canicule successif frappe la France, la sécheresse qui sévit sur une grande partie du territoire a été qualifiée de « très préoccupante » par la ministre de la Transition écologique. Monique Barbut a indiqué que le nombre de restrictions locales d'usage de l'eau atteignait « le plus haut niveau enregistré depuis au moins 2013 », en marge d'une réunion de crise tenue au ministère.
« Nous connaissons une situation de sécheresse exceptionnelle par sa précocité » – « presque un mois plus tôt » que la normale – « et par son intensité », a déclaré la ministre. Elle a ajouté que le caractère alarmant de la situation tenait au fait qu'elle survient malgré des précipitations printanières « globalement normales ». Selon elle, le dérèglement climatique provoque « une perturbation profonde du cycle de l'eau ».
Rivières à sec et inquiétude croissante
Les cours d'eau constituent la principale source d'inquiétude. Les débits chutent rapidement depuis le mois de juin, et un quart des petits cours d'eau sont « à sec », selon Monique Barbut. « C'est une situation sans précédent depuis la mise en place du système national de surveillance en 2012 », a-t-elle souligné. Dans l'est de la France, la rivière Doubs a même disparu par endroits, ne laissant qu'un lit rocailleux et asséché. « Avant, cela pouvait arriver en août », mais « maintenant, c'est plus précoce, plus long et plus grave », a déclaré Fabien Henriet, maire de la commune d'Arçon.
Cette sécheresse aggrave les incendies de forêt, déjà nombreux ces dernières semaines, et exacerbe les difficultés liées à la chaleur. La région parisienne continue de pâtir lourdement des épisodes de forte chaleur. Un rapport de l'agence sanitaire Santé publique France, publié le 17 juillet, fait état de « 1 565 décès supplémentaires par rapport aux prévisions » en Île-de-France sur la seule semaine du 22 au 28 juin, pour un total de 3 000 morts. Les personnes de plus de 65 ans représentent 82,4 % de ces décès. Ce chiffre pourrait encore augmenter, selon l'agence.
Le service météorologique français a indiqué que la canicule de juin, qui a duré quatorze jours, était « plus intense » que celle de 2003, qui avait causé 15 000 décès en France, bien qu'elle ait été plus courte de deux jours. L'épisode a battu des records absolus de température dans plusieurs pays européens. Le réseau de scientifiques World Weather Attribution a estimé qu'une telle vague de chaleur aurait été « pratiquement impossible » sans l'influence du changement climatique.
Alors que la France continue de subir des températures élevées, les autorités multiplient les appels à la vigilance et les mesures d'économie d'eau, tandis que les effets cumulés de ces canicules successives pèsent lourdement sur la santé publique et les ressources naturelles.