L’affaire met en lumière un nouveau cas de soumission chimique en France. Un Lyonnais âgé de 38 ans est jugé ces jeudi 11 et vendredi 12 juin devant le tribunal correctionnel de Lyon pour des faits de viol aggravé et d’administration de substances nuisibles à l’encontre de sa compagne. L’homme aurait utilisé des médicaments pour endormir sa partenaire avant de la violer, en filmant les actes à son insu.

Des fichiers échangés avec Dominique Pelicot

L’enquête a débuté après la découverte, dans le téléphone portable de Dominique Pelicot, de nombreuses photographies montrant « sa femme dénudée », selon les termes des enquêteurs. Dominique Pelicot, jugé en 2024 pour avoir drogué et livré son épouse Gisèle Pelicot à des dizaines d’hommes sur une décennie, avait conservé ces images dans son appareil. L’examen de son téléphone a permis d’identifier un interlocuteur régulier : le prévenu lyonnais, qui aurait consulté Dominique Pelicot pour bénéficier de son « expérience » en matière de soumission chimique.

Un prévenu « désireux de bénéficier de l’expérience » de Pelicot

L’enquête a révélé que le mis en cause aurait échangé avec Dominique Pelicot des conseils sur les substances à utiliser et les méthodes pour commettre les viols sans éveiller les soupçons de la victime. Le parquet de Lyon a qualifié l’attitude du prévenu comme étant celle d’un homme « désireux de bénéficier de l’expérience » de Dominique Pelicot. Les investigations ont également mis au jour que le Lyonnais diffusait les vidéos des violences sur internet.

Un procès attendu en correctionnelle

Le tribunal correctionnel de Lyon doit entendre les parties civiles, les témoins et les experts durant ces deux jours d’audience. La compagne de l’accusé, qui a porté plainte après avoir découvert les images, sera présente grâce à un dispositif de huis clos pour éviter la diffusion de son identité. La décision du tribunal est attendue en fin de semaine.

Un contexte marqué par l’affaire Pelicot

Cette affaire s’inscrit dans le sillage du retentissant procès des viols de Mazan, où Dominique Pelicot a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour avoir drogué et livré son épouse à des inconnus. Les enquêteurs continuent d’exploiter les fichiers saisis chez Pelicot pour identifier d’éventuels autres complices ou imitateurs. Ce nouveau dossier illustre la volonté des autorités judiciaires de traquer les réseaux d’échange de contenus pédocriminels et de violences sexuelles.