Un habitant de la région lyonnaise comparaît cette semaine devant le tribunal correctionnel de Lyon pour des faits de viol par soumission chimique sur sa compagne. L’audience est programmée sur deux jours, jeudi 11 et vendredi 12 juin. L’accusé est poursuivi pour avoir administré à son insu des substances à sa compagne, la violant et filmant les actes. Selon les éléments de l’enquête, il aurait également diffusé les images en ligne.

Un lien avec le procès Mazan

L’affaire a été mise au jour grâce à l’enquête autour de Dominique Pelicot, l’ancien époux de Gisèle Pelicot, condamné en 2024 pour avoir drogué son épouse et l’avoir livrée à des inconnus pendant des années. Dans le téléphone de Dominique Pelicot, les enquêteurs ont découvert de nombreux clichés montrant « sa femme dénudée » – expression utilisée dans le dossier pour désigner la compagne de l’accusé lyonnais. Ces images ont permis d’identifier ce dernier et de faire le lien entre les deux affaires.

Interrogé sur ses intentions, l’homme aurait confié aux enquêteurs être « désireux de bénéficier de l’expérience » de Dominique Pelicot, selon des sources judiciaires. Cette déclaration suggère une tentative de reproduction des méthodes employées dans ce qui est devenu le procès Mazan, l’un des plus médiatisés de ces dernières années en France.

Des faits répétés sur plusieurs mois

L’accusé aurait commis les viols à plusieurs reprises, agissant toujours sous couvert de l’administration de substances à sa compagne, sans qu’elle en ait conscience. Les investigations ont établi que les vidéos des agressions étaient ensuite partagées sur des plateformes en ligne, un mode opératoire qui rappelle celui reproché à Dominique Pelicot.

La victime, âgée d’une quarantaine d’années, a déposé plainte après avoir découvert les enregistrements et les photographies. Son avocat a fait savoir qu’elle se portait partie civile et qu’elle attendait « une reconnaissance pleine et entière des faits subis ».

Un procès qui s’inscrit dans une série

Ce nouveau dossier judiciaire intervient dans le sillage des révélations du procès Mazan, qui avait mis en lumière le phénomène de soumission chimique et le recours à des forums en ligne pour recruter des agresseurs. Plusieurs affaires similaires ont éclaté depuis, alimentant une prise de conscience collective et judiciaire.

Les débats à Lyon devraient permettre de préciser les circonstances exactes des viols, la nature des substances utilisées et l’étendue de la diffusion des images. La défense conteste certains éléments, mais les preuves numériques – photos, vidéos, conversations – constituent un faisceau solide, selon les enquêteurs.

L’audience se tient à huis clos au civil à la demande de la partie civile, mais le tribunal a autorisé la présence de quelques journalistes accrédités. Le verdict est attendu en fin de semaine. En cas de condamnation, l’accusé encourt une peine pouvant aller jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.