Un nouveau procès pour soumission chimique s’ouvre en France, quelques mois après la condamnation historique de Dominique Pelicot. Un homme originaire de Lyon, âgé de 34 ans et travaillant comme garde du corps, est jugé pour avoir administré des substances sédatives à sa compagne avant de la violer, selon les éléments de l’enquête.
Les investigations ont mis au jour que le prévenu avait eu des contacts en ligne avec Dominique Pelicot. Ce dernier, aujourd’hui âgé de 73 ans, purge une peine de vingt ans de réclusion pour avoir drogué son ex-épouse Gisèle Pelicot et invité des dizaines d’hommes à la violer, entre 2011 et 2020, dans leur domicile du sud de la France. Le procès de 2024, qui a vu cinquante et un hommes reconnus coupables, a été qualifié de plus grand procès pour viols de l’histoire judiciaire française.
Des échanges sur un salon de discussion
Selon les pièces du dossier, l’accusé aurait utilisé un salon de discussion en ligne intitulé « À son insu », où les participants échangeaient des conseils pour soumettre des femmes sans leur consentement. C’est dans cet environnement numérique que Dominique Pelicot recrutait ses complices. Les enquêteurs ont établi que le Lyonnais y avait dialogué avec lui.
Les faits reprochés à cet homme se sont déroulés dans l’agglomération lyonnaise. La victime, sa compagne à l’époque, aurait été endormie à l’aide de somnifères et d’anxiolytiques mélangés à ses aliments ou boissons, une méthode identique à celle employée par Pelicot. Les enregistrements vidéo des viols, retrouvés sur le matériel informatique du suspect, ont constitué une preuve clé pour l’accusation.
Un phénomène judiciaire en essor
Ce nouveau dossier illustre la persistance des violences sexuelles facilitées par la soumission chimique en France. Depuis la médiatisation de l’affaire Pelicot, plusieurs enquêtes similaires ont été ouvertes. Des associations de défense des victimes saluent la prise de conscience judiciaire, mais appellent à davantage de moyens pour la prévention et l’accompagnement.
Le procès se tient devant la cour criminelle du Rhône. L’accusé encourt une peine pouvant aller jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle. La victime, dont l’identité n’a pas été divulguée, est assistée par un avocat spécialisé. Les débats devraient durer plusieurs jours, avec des expertises psychiatriques et des témoins de fait.