Genève sous tension à la veille du G7
À la veille de l'ouverture du sommet du G7 à Évian, des affrontements ont opposé des manifestants anti-G7 aux forces de l'ordre dans le centre de Genève, dimanche 14 juin. Le rassemblement, organisé autour du siège de l'Organisation des Nations unies (ONU), a réuni plusieurs centaines de personnes venues dénoncer les politiques économiques des pays les plus industrialisés.
Des incidents ont été signalés en plusieurs points du quartier international. Des projectiles ont été lancés en direction des policiers, qui ont répliqué par l'usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour disperser la foule. Le bilan humain et matériel n'était pas encore connu en fin de journée, mais les autorités genevoises ont fait état de plusieurs interpellations.
Un mécontentement suisse face aux mesures de sécurité
La mobilisation de ce dimanche s'inscrit dans un climat de mécontentement plus large à Genève. La mise en place d'un dispositif de sécurité exceptionnel pour le G7, qui se tient de l'autre côté de la frontière française, perturbe fortement la vie quotidienne des habitants et des élus locaux. Comme le résume un dicton local rapporté par plusieurs sources : « Le faste à la France, le néfaste à la Suisse. »
La plupart des délégations étrangères arrivent en effet par l'aéroport international de Genève, ce qui implique des restrictions de circulation, des fermetures de routes et des contrôles renforcés dans toute l'agglomération. De nombreux Genevois dénoncent des contraintes disproportionnées pour un sommet qui ne se déroule pas sur leur territoire.
Des revendications variées
Les manifestants, issus de divers collectifs altermondialistes et syndicaux, ont mis en avant des thèmes comme la lutte contre les inégalités salariales, la défense du climat et la critique du capitalisme. Plusieurs banderoles appelaient à une « riposte internationaliste » face aux politiques jugées antisociales des pays du G7.
Le sommet d'Évian, qui réunit les dirigeants des sept plus grandes puissances économiques mondiales, est un rendez-vous régulièrement ciblé par les mouvements contestataires. Les forces de l'ordre suisses et françaises avaient renforcé leur coopération pour anticiper d'éventuels débordements.
Un dispositif sécuritaire colossal
Pour encadrer ce sommet, la Suisse a mobilisé 4 000 soldats, un déploiement militaire sans précédent pour un événement international sur son sol. Cette décision avait déjà suscité des tensions diplomatiques entre Paris et Berne, les autorités suisses réclamant un remboursement à la France pour les frais engagés.
Les mesures de sécurité ont également un impact économique sur Genève, où commerçants et riverains subissent des perturbations depuis plusieurs jours. Les rues adjacentes au Palais des Nations sont barrées, et le trafic aérien a été réduit à l'aéroport pour permettre les mouvements des délégations.
Un sommet sous haute surveillance
Le G7 d'Évian doit se dérouler du lundi 15 au mercredi 17 juin 2026. Les discussions porteront notamment sur les crises internationales, la transition énergétique et la régulation des marchés financiers. Les autorités françaises ont promis un dispositif de sécurité renforcé autour du site, avec plusieurs milliers de policiers et gendarmes mobilisés.
Les manifestations de dimanche à Genève montrent que la contestation ne faiblit pas à l'approche de cette réunion, dont le dispositif sécuritaire sans précédent cristallise les oppositions tant en France qu'en Suisse.