Une mobilisation sous haute surveillance

Dimanche, à la veille de l’ouverture du sommet du G7 à Évian, des milliers de manifestants ont convergé vers Genève pour exprimer leur opposition aux politiques des sept grandes puissances économiques. La coalition « no-G7 », qui regroupe plus de 60 associations, syndicats et groupes de gauche, a organisé une marche autorisée sur un parcours longeant la partie nord de la ville, loin du centre et de ses boutiques de luxe, afin de réduire les risques de heurts.

Les autorités suisses ont déployé un dispositif de sécurité renforcé, avec un nombre significatif de policiers et de forces de l’ordre. Plusieurs bâtiments publics et commerces, notamment l’hôtel cinq étoiles des Bergues, ont été barricadés par précaution. L’hôpital principal a installé de grandes tentes pour faire face à un éventuel afflux de blessés. Des événements prévus dans la ville ont également été annulés.

Revendications antilibérales et internationalistes

Les manifestants, arborant des banderoles et des pancartes, ont dénoncé ce qu’ils appellent le « fascisme et l’impérialisme » des pays du G7. La colère s’est focalisée sur les inégalités salariales criantes entre les dirigeants et les travailleurs, mais aussi sur les conséquences des guerres, notamment celle déclenchée fin février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui a bouleversé le Moyen-Orient et accentué les tensions transatlantiques.

« Nous ne voulons pas d’un monde où quelques privilégiés décident du sort de millions de personnes », a expliqué un porte-parole de la coalition. La manifestation visait à rappeler que les richesses produites dans le monde sont accaparées par une élite, tandis que les travailleurs subissent des conditions de vie précaires.

Interdiction du contre-sommet français

La coalition « no-G7 » avait initialement prévu un contre-sommet et une manifestation dans la ville frontalière française d’Annemasse, mais les autorités françaises ont imposé des conditions jugées trop restrictives, ce qui a conduit à l’abandon de ce projet. Les organisateurs ont exprimé leur regret que la France n’ait pas créé les conditions favorables à une tenue pacifique de leur événement.

Contexte de tensions diplomatiques

Ce rassemblement intervient alors que les relations entre Paris et Berne sont tendues depuis plusieurs semaines au sujet du financement du dispositif de sécurité. La Suisse a mobilisé 4 000 soldats pour assurer la protection du sommet, ce qui a provoqué un incident diplomatique, le gouvernement suisse réclamant un remboursement à la France. Les discussions se poursuivent pour trouver un accord financier.

Ouverture du sommet

Le président français Emmanuel Macron, hôte de l’événement, doit arriver à Évian dimanche soir, rejoint lundi par les autres dirigeants, dont le président américain Donald Trump. Le sommet, qui doit durer trois jours, aborde un ordre du jour chargé, notamment les efforts pour mettre fin à la guerre en Iran et rouvrir le détroit d’Ormuz, un goulot d’étranglement maritime majeur. Donald Trump a affirmé qu’un accord pourrait être signé dès dimanche.

Le G7 réunit les chefs d’État et de gouvernement du Royaume-Uni, du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon et des États-Unis, ainsi que des dirigeants invités du Brésil et de l’Inde.