À la veille de l'ouverture du sommet du G7 à Évian, la cité genevoise a été le théâtre d'une importante mobilisation. La coalition No-G7, rassemblant divers mouvements altermondialistes, syndicats et collectifs, avait appelé à une manifestation de grande ampleur pour dénoncer ce qu'elle perçoit comme un modèle économique générateur d'inégalités.
Une mobilisation massive sous étroite surveillance
Des milliers de manifestants ont convergé vers les quais et les artères principales de Genève, drapeaux et banderoles en main. Les organisateurs évoquaient un objectif de plusieurs milliers de participants. Le dispositif de sécurité, qualifié d'exceptionnel, était particulièrement visible. La police genevoise, appuyée par des renforts fédéraux, avait déployé des effectifs nombreux pour encadrer le cortège. Des hélicoptères survolaient la ville tandis que des barrages filtrants contrôlaient l'accès à certaines zones sensibles, notamment à proximité des institutions internationales et des frontières avec la France. Les forces de l'ordre ont procédé à des fouilles systématiques de certains sacs pour prévenir tout incident.
Des revendications axées sur les inégalités et la justice sociale
La manifestation, bien que diverse dans ses composantes, s'articulait autour de revendications centrales. Les inégalités salariales et la répartition des richesses ont constitué le principal cheval de bataille des participants, qui estiment que les politiques menées par les pays du G7 creusent le fossé entre les plus riches et le reste de la population. « Nous sommes là pour dire non aux inégalités et oui à un monde plus juste », a déclaré une porte-parole de la coalition No-G7. Les manifestants ont également dénoncé ce qu'ils considèrent comme un « fascisme » et un « impérialisme » incarné par les grandes puissances économiques, reprenant les termes de l'appel de la coalition. Des slogans contre les paradis fiscaux et pour une fiscalité internationale plus équitable ont scandé la marche.
Un itinéraire symbolique et un calme relatif
Le parcours, défini en amont avec les autorités, a permis aux manifestants de passer devant des symboles du pouvoir économique et diplomatique genevois. Si la mobilisation était massive, le ton général de la journée est resté relativement calme, même si des échauffourées sporadiques ont été rapportées entre certains groupes radicaux et les forces de l'ordre en périphérie du cortège officiel. La police a confirmé quelques interpellations pour troubles à l'ordre public, sans fournir de bilan détaillé sur le moment.
Un sommet sous tension
Cette manifestation genevoise s'inscrit dans un contexte de fortes tensions sécuritaires autour du sommet d'Évian. La Suisse a massivement renforcé son dispositif aux frontières et dans les espaces publics. À quelques jours de la venue des chefs d'État, les autorités helvétiques et françaises assurent une coordination renforcée pour prévenir tout débordement. La coalition No-G7 a annoncé d'autres actions prévues dans les jours suivants. Les revendications des manifestants, centrées sur la justice sociale, le climat et la critique de la mondialisation financière, résonnent comme un contrepoint direct aux discussions qui se tiendront entre les dirigeants des sept pays les plus industrialisés.