Des milliers de manifestants ont investi les rues de Genève ce dimanche pour une grande mobilisation baptisée « No-G7 », organisée à la veille de l'ouverture du sommet des chefs d'État et de gouvernement du G7 à Évian-les-Bains, de l'autre côté de la frontière française. La coalition, qui réunit plus de soixante associations, syndicats et groupes de gauche, entend dénoncer les inégalités salariales, le capitalisme et ce qu'elle qualifie de « fascisme et impérialisme ».
Les autorités genevoises, sur le qui-vive, avaient autorisé un parcours d'environ six kilomètres à la périphérie nord de la cité, loin des quartiers commerçants et des hôtels de luxe. Plusieurs bâtiments, dont des commerces, des supermarchés et des locaux universitaires, avaient barricadé leurs devantures par crainte de débordements, dans un souvenir encore vif des émeutes de 2003 lors du précédent sommet du G8 à Évian, qui avaient causé des millions de francs de dégâts.
Une mobilisation pacifique sous haute surveillance
Le rassemblement s'est déroulé sans incident majeur, sous l'œil d'un imposant dispositif de sécurité. La police cantonale et des renforts fédéraux étaient déployés en nombre, tandis que des hélicoptères survolaient la foule. Pour prévenir tout afflux de blessés, l'hôpital universitaire de Genève avait dressé des tentes à l'extérieur de ses urgences.
La coalition No-G7 avait initialement prévu d'organiser un contre-sommet et une manifestation dans la ville française d'Annemasse, mais les conditions imposées par les autorités françaises les ont contraints à abandonner ce projet. Cette décision a renforcé le sentiment parmi les organisateurs que la France n'a pas créé les conditions propices à un tel rassemblement transfrontalier.
Un sommet dominé par les crises internationales
Les dirigeants du G7 entament lundi une session de travail de trois jours marquée par des sujets explosifs. Au premier plan figure la guerre déclenchée fin février par les États-Unis et Israël contre l'Iran, qui a bouleversé l'équilibre du Moyen-Orient et creusé les divergences transatlantiques. Le président américain Donald Trump, attendu à Évian lundi après l'arrivée dimanche soir de son homologue français Emmanuel Macron, a insisté sur la possibilité de conclure un accord sur le dossier iranien dès ce week-end.
Le président brésilien et le Premier ministre indien figurent parmi les invités, élargissant le format du groupe aux principales économies émergentes. La réouverture du détroit d'Ormuz, artère vitale du transport pétrolier, devrait également figurer à l'ordre du jour.
Des revendications sociales au cœur de la contestation
Sur le cortège genevois, les banderoles appelaient à une hausse des salaires et à la fin des politiques d'austérité. Les syndicats, majoritaires dans les rangs des manifestants, exigent que les dirigeants du G7 s'engagent concrètement pour réduire les inégalités de revenus, notamment entre les travailleurs des pays du Nord et ceux du Sud. Les orateurs ont également dénoncé la mainmise des multinationales sur les ressources et les démocraties.
Le choix du thème des inégalités salariales n'est pas anodin alors que le sommet d'Évian doit aborder les questions de fiscalité mondiale et de régulation des grandes entreprises technologiques. Les organisateurs ont promis de poursuivre la mobilisation durant toute la durée du sommet.