Le maire travailliste du Grand Manchester, Andy Burnham, a remporté une victoire retentissante lors de l'élection partielle de Makerfield, jeudi 18 juin 2026. En obtenant 24 937 voix, soit environ 55 % des suffrages exprimés, il devance largement ses adversaires et s'offre un siège à la Chambre des communes, condition préalable à une candidature à la direction du parti et, à terme, au poste de Premier ministre.

Un score sans appel

Le scrutin, organisé dans cette circonscription du nord-ouest de l'Angleterre constituée d'anciens villages miniers et de bourgs commerçants, a vu le candidat de Reform UK, Rob Kenyon, arriver en deuxième position avec 15 696 voix (environ 34 %). Un candidat du parti d'extrême droite Restore Britain, qui juge Nigel Farage et ses troupes trop modérés, a recueilli 3 111 suffrages (près de 7 %). Même en additionnant les scores des deux formations de droite, le total n'aurait pas suffi à inquiéter Andy Burnham.

« Les électeurs ont voté pour le changement, pour davantage de pouvoir pour le nord, pour l'espoir », a déclaré M. Burnham, radieux, après la proclamation des résultats. Il a ajouté : « Je dis à mon propre parti : c'est une dernière chance de changer. Nous devons l'entendre, nous devons agir et nous devons réussir. Il n'y aura pas de seconde chance. »

Un tremplin vers une course à la direction

Cette élection partielle était considérée comme un test décisif pour l'avenir de Keir Starmer, devenu l'un des Premiers ministres les plus impopulaires de l'histoire britannique moderne. Andy Burnham, figure la plus populaire du Parti travailliste, peut désormais officiellement lancer une procédure pour évincer le chef du gouvernement, qui a toujours affirmé son intention de se maintenir à son poste.

La victoire a été saluée par plusieurs responsables travaillistes. Wes Streeting, ancien secrétaire d'État à la Santé ayant quitté le cabinet de M. Starmer et ayant évoqué la possibilité de déclencher lui-même une contestation, a qualifié le résultat de « victoire stupéfiante » (« astonishing victory »), ajoutant qu'elle « donne à tous l'espoir que le Labour peut encore gagner ». Il a souligné que la campagne d'Andy Burnham était « la preuve » de cette dynamique.

Un message d'unité face à la montée des populismes

Dans son discours, Andy Burnham a également cherché à se positionner comme un recours contre la polarisation politique. Il a évoqué son souhait de « rassembler les gens » et de tourner le dos à « une politique sombre et divisée, du genre de celle que l'on voit aux États-Unis ». Cette déclaration intervient alors que Reform UK a enregistré des succès lors d'élections locales le mois précédent, malgré son échec à Makerfield.

Incertitudes sur le calendrier

La question de la date à laquelle Andy Burnham lancera son offensive contre Keir Starmer demeure ouverte. Plusieurs députés travaillistes ont publiquement appelé le Premier ministre à s'effacer, estimant que cela servirait les intérêts du parti et du pays. Le chef du gouvernement a promis de se battre pour conserver le poste conquis il y a près de deux ans.

L'atmosphère était également marquée par la tradition britannique des candidatures humoristiques : Andy Burnham était entouré, lors de l'annonce des résultats, d'une personne déguisée en renard et d'un autre se présentant comme « Count Binface », dont le programme promettait de « réduire les impôts et d'augmenter ceux de tout le monde ».

Cette élection partielle constitue un tournant majeur pour le Labour. Andy Burnham dispose désormais d'un levier parlementaire pour contester la direction du parti, et sa performance personnelle à Makerfield rend son appel au changement difficile à ignorer par les instances dirigeantes.