Le Royaume-Uni tient ce jeudi 18 juin une élection législative partielle dans la circonscription de Makerfield, dans le nord-ouest de l'Angleterre. Ce scrutin, considéré comme un test décisif, pourrait précipiter la fin du mandat du Premier ministre Keir Starmer, en poste depuis juillet 2024, ou au contraire lui offrir un répit. Andy Burnham, maire du Grand Manchester et figure influente du Parti travailliste, brigue un retour au Parlement avec l'ambition de contester la direction du parti et, à terme, le poste de Premier ministre.

Les bureaux de vote ont ouvert à sept heures du matin et fermeront à vingt-deux heures, le dépouillement devant débuter immédiatement. Les sondeurs prévoient une victoire d'Andy Burnham, mais la confrontation s'annonce serrée face au parti Reform UK, mené par l'eurosceptique Nigel Farage. « Presque sans aucun doute, c'est entre les mains des électeurs de Makerfield de savoir si Burnham deviendra ou non Premier ministre », a analysé le politologue John Curtice. Selon lui, une victoire de Burnham rendrait son chemin vers le 10 Downing Street « relativement assuré », tandis qu'un échec permettrait à Keir Starmer de se maintenir temporairement.

Un contexte de fragilité pour Keir Starmer

Keir Starmer, 63 ans, dirige le parti travailliste depuis plusieurs années mais sa popularité est au plus bas. Depuis les élections locales et régionales du mois précédent, qui ont vu son parti subir un revers électoral, il ne tient son poste que difficilement. Sa position a été fragilisée par plusieurs retournements de politique intérieure, des démissions ministérielles et une controverse autour de la nomination de Peter Mandelson, ancien associé de Jeffrey Epstein, au poste d'ambassadeur britannique à Washington. Les enquêtes d'opinion nationales placent Reform UK en tête depuis plus d'un an. Malgré ces difficultés, le Premier ministre, ancien avocat, refuse de démissionner, estimant que sa large victoire aux élections générales de 2024 lui confère un mandat de cinq ans.

La stratégie d'Andy Burnham

Surnommé le « roi du Nord », Andy Burnham est un vétéran du parti travailliste et occupe le poste de maire du Grand Manchester depuis trois mandats. Impatient de voir un changement de cap, le député sortant Josh Simons a annoncé qu'il quitterait son siège pour permettre à Burnham de se présenter et de lancer sa candidature à la direction du parti. La circonscription de Makerfield, qui compte environ 76 000 électeurs, est historiquement acquise aux travaillistes, mais la majorité de Simons n'était que d'environ 5 300 voix lors du scrutin de 2024. Lors des élections municipales du mois précédent, Reform UK a remporté tous les quartiers de cette zone ouvrière et majoritairement blanche.

Les implications politiques

Ce scrutin partiel est perçu comme un tournant pour le Parti travailliste. Plusieurs figures du parti se positionnent déjà en interne pour remplacer Keir Starmer, dont Andy Burnham est le plus en vue. L'issue du vote déterminera si cette contestation se concrétise ou si le Premier ministre parvient à conserver son poste. Du côté des marchés financiers, la perspective d'une candidature de Burnham avait déjà mis la livre sterling sous pression. L'équipe du maire du Grand Manchester a exhorté les ministres à reporter leurs éventuelles démissions pour éviter une situation chaotique en cas de victoire. Keir Starmer, de son côté, a mis en garde contre une course à la direction du parti, tout en laissant entendre qu'il pourrait offrir un poste ministériel à son rival.