Ce jeudi, les électeurs de la circonscription de Makerfield, dans le nord-ouest de l’Angleterre, se rendent aux urnes pour une élection législative partielle qui pourrait sceller le sort du Premier ministre Keir Starmer. Le maire de la région du Grand Manchester, Andy Burnham, figure populaire du Parti travailliste, tente de remporter ce siège pour revenir au Parlement après neuf ans d’absence et, potentiellement, lancer une candidature à la direction du parti, mettant directement en danger la position de l’actuel chef du gouvernement.
Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures (6 heures GMT) et fermeront à 22 heures, le dépouillement devant commencer immédiatement après. Selon les sondeurs, Andy Burnham part favori dans ce bastion historique du Labour, mais il devra faire face à une concurrence sérieuse de la part du parti populiste Reform UK, dirigé par Nigel Farage, qui a remporté tous les sièges du conseil municipal de la zone lors des élections locales du mois dernier.
L’enjeu national d’un scrutin local
Cette élection est considérée comme un test décisif pour Keir Starmer, au pouvoir depuis juillet 2024, dont la popularité est en chute libre. Le Premier ministre a été fragilisé par plusieurs revirements politiques, un scandale lié à la nomination de Peter Mandelson, ancien associé de Jeffrey Epstein, comme ambassadeur à Washington, et une série de démissions ministérielles. Les enquêtes d’opinion placent Reform UK en tête des intentions de vote au niveau national depuis plus d’un an, tandis que le Parti travailliste a subi une lourde défaite lors des élections locales et régionales du mois de mai.
Malgré ces difficultés, Keir Starmer refuse de démissionner, arguant que sa large victoire aux élections générales de 2024 lui confère un mandat de cinq ans pour gouverner. Cependant, l’impatience au sein de son propre parti s’est accrue après que le député travailliste Josh Simons a annoncé, en mai, qu’il se retirait pour permettre à Andy Burnham de se présenter et de briguer la direction du parti.
Andy Burnham, surnommé le « roi du Nord », est un vétéran du Parti travailliste, maire du Grand Manchester depuis trois mandats. Son retour au Parlement via Makerfield est perçu comme une étape essentielle pour défier Keir Starmer, bien que le maire n’ait pas encore officiellement annoncé sa candidature. « C’est presque certainement entre les mains des électeurs de Makerfield que Burnham devienne ou non Premier ministre », a commenté le politologue John Curtice. « Si Burnham gagne, sa voie vers le 10 Downing Street semble relativement assurée. S’ils lui refusent cette opportunité, il se peut que Starmer survive, au moins pour le moment », a-t-il ajouté.
Un scrutin serré dans un fief travailliste
Makerfield, une circonscription de 76 000 électeurs, vote traditionnellement pour le Parti travailliste, mais Josh Simons n’y a obtenu qu’une majorité d’environ 5 300 voix lors des dernières élections générales. Cette marge réduite, combinée à la percée de Reform UK dans la région, laisse présager un scrutin plus serré que par le passé. Le parti de Nigel Farage, qui s’appuie sur un discours anti-immigration, séduit une partie de l’électorat ouvrier et blanc de la zone, traditionnellement acquise au Labour.
Quel avenir pour Keir Starmer ?
L’issue de cette élection partielle déterminera probablement la suite des événements. Si Andy Burnham l’emporte, la pression sur Keir Starmer pour qu’il cède la place devrait s’intensifier, certains membres du cabinet ayant déjà appelé à une passation de pouvoir. En revanche, une défaite de Burnham pourrait offrir un répit au Premier ministre, au moins à court terme. Le gouvernement britannique suit de près le scrutin, la livre sterling étant déjà sous pression en raison des incertitudes politiques. Les résultats sont attendus dans la nuit de jeudi à vendredi.