La réunion des chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN à Ankara a offert une tribune à Donald Trump pour ressasser ses griefs envers l'organisation et ses alliés. Alors que la cérémonie d'accueil aurait dû se dérouler dans un cadre protocolaire, le président américain en a profité pour adresser une série de critiques à plusieurs partenaires.
« Je ne suis pas satisfait de l'OTAN », a-t-il déclaré en prenant place aux côtés du secrétaire général de l'Alliance, Mark Rutte. Cette déclaration liminaire a rapidement cédé la place à une litanie de reproches visant l'Espagne, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie et la France. Le locataire de la Maison-Blanche leur a notamment reproché de ne pas apporter un soutien suffisant aux États-Unis dans le conflit qui les oppose à l'Iran.
Un cessez-le-feu remis en cause
Sur le dossier iranien, le président américain a adopté un ton particulièrement virulent, qualifiant le pays de « racaille » et ses dirigeants de « gens malades ». Il a estimé que la trêve en vigueur était « vraisemblablement terminée », une déclaration qui survient au lendemain de frappes aériennes américaines contre plusieurs cibles en Iran. Selon le Pentagone, ces bombardements répondaient à des attaques iraniennes contre des navires marchands dans le détroit d'Ormuz. En représailles, les forces armées iraniennes ont affirmé avoir visé des installations militaires américaines au Bahreïn et au Koweït.
Donald Trump s'est montré particulièrement exaspéré par ce qu'il perçoit comme une duplicité de la part de Téhéran. « Il y a quelque chose qui cloche chez eux », a-t-il lancé, ajoutant : « Nous leur avons dit d'aller s'occuper de leurs funérailles, mais au lieu de cela, ils se mettent à tirer des roquettes sur des navires. » Par « funérailles », le président faisait allusion au cortège funèbre national de l'ayatollah Ali Khamenei, l'ancien guide suprême iranien tué en février dans le cadre d'une offensive conjointe américano-israélienne.
Un éventail de griefs
Au-delà de l'Iran, le dirigeant américain a également adressé des piques à l'Espagne, sans davantage de précisions, et a réitéré des propos menaçants à l'égard du Groenland. Il a déploré que les capitales européennes ne contribuent pas suffisamment à l'effort militaire américain au Moyen-Orient.
Ces prises de parole interviennent dans un contexte de tensions transatlantiques accrues. Le sommet d'Ankara était déjà perçu comme un rendez-vous crucial pour tenter de redéfinir l'avenir de l'Alliance, alors que l'administration Trump semble remettre en question l'engagement américain en Europe. Les déclarations du chef de l'État n'ont fait qu'accentuer le malaise parmi les délégations européennes, qui peinent à trouver une réponse unie face à ce que plusieurs responsables considèrent comme un désengagement progressif des États-Unis.
Alors que les discussions en coulisses se poursuivent, les prochaines heures pourraient être décisives pour l'avenir de la coopération militaire entre les deux rives de l'Atlantique.