Le calendrier judiciaire de Marine Le Pen se précise. La Cour de cassation, saisie du pourvoi formé par la triple candidate à la présidentielle après sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national (devenu Rassemblement national), pourrait rendre son arrêt « au plus tard début avril 2027 ». Cette indication, donnée par la juridiction, intervient alors que le scrutin présidentiel est prévu pour le mois d’avril de la même année.

Un délai qui coïncide avec l’élection

Cette fenêtre temporelle place la décision des magistrats de la Cour de cassation à quelques semaines, voire quelques jours, du premier tour de l’élection présidentielle. Si la plus haute juridiction confirmait la peine d’inéligibilité prononcée en appel — quinze mois sans exécution provisoire, ce qui avait permis à Marine Le Pen de se maintenir dans la course —, celle-ci deviendrait définitive et pourrait l’empêcher de se porter candidate. À l’inverse, un rejet ou une cassation partielle pourrait lever toute entrave juridique. La situation reste donc suspendue à ce verdict judiciaire.

Rappel d’une condamnation sans exécution provisoire

Le 7 juillet 2026, la cour d’appel de Paris a condamné Marine Le Pen à un an de prison ferme, aménageable sous bracelet électronique, et à une peine d’inéligibilité de quinze mois. Contrairement aux réquisitions du parquet, les juges n’ont pas assorti cette dernière d’une exécution provisoire, ce qui a permis à l’élue du Pas-de-Calais de conserver ses droits civiques et de pouvoir se présenter à la présidentielle de 2027. Elle a immédiatement annoncé un pourvoi en cassation, qualifiant la décision de « politique » et affirmant son innocence.

Une campagne déjà lancée

Depuis ce verdict, Marine Le Pen a officiellement déclaré sa candidature à l’Élysée et effectué son premier déplacement de campagne aux côtés de Jordan Bardella, le président du Rassemblement national. La cheffe de file du parti d’extrême droite martèle qu’elle entend poursuivre sa route électorale quoi qu’il arrive et qu’elle ne se laissera pas « empêcher de se présenter par une décision de justice ». Toutefois, l’issue du pourvoi en cassation constitue une épée de Damoclès sur sa candidature.

Les implications politiques

Le timing annoncé par la Cour de cassation suscite des interrogations dans la classe politique. D’aucuns y voient la possibilité d’une décision rendue en pleine campagne présidentielle, ce qui pourrait placer le Rassemblement national dans l’incertitude jusqu’au dernier moment. Le parti a d’ores et déjà prévu des scénarios alternatifs en cas d’invalidation de la candidature de Marine Le Pen, notamment en la personne de Jordan Bardella, pressenti pour la remplacer si nécessaire. La garde des Sceaux, de son côté, avait appelé à une décision impartiale avant le verdict en appel, sans se prononcer sur le fond de l’affaire.

Un précédent jurisprudentiel attendu

Ce pourvoi est également suivi avec attention par les spécialistes du droit électoral. La question de l’exécution provisoire des peines d’inéligibilité et de leur articulation avec les droits civiques des candidats pourrait faire jurisprudence. La Cour de cassation devra trancher sur la régularité de la procédure et sur la qualification des faits reprochés à Marine Le Pen et à vingt-quatre autres prévenus dans ce dossier. L’arrêt est donc doublement attendu : pour son impact politique immédiat et pour sa portée juridique sur les futures affaires similaires.