L'arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, sélectionné pour officier lors de la Coupe du monde 2026, n'aura finalement pas la possibilité de prendre part à la compétition. Arrivé samedi à l'aéroport international de Miami, cinq jours avant le match d'ouverture prévu jeudi, il s'est vu refuser l'accès au territoire américain par les services des douanes et de la protection des frontières (CBP).

Dans un communiqué, les autorités américaines ont indiqué que le voyageur avait fait l'objet « d'une inspection supplémentaire, une étape de routine du processus de contrôle lorsque les agents doivent vérifier des informations ou déterminer l'admissibilité ». À l'issue de cet examen, la décision a été prise de lui refuser l'entrée en raison de « préoccupations liées au filtrage », chaque dossier étant traité au cas par cas.

Omar Abdulkadir Artan faisait partie des 52 arbitres retenus par la Fédération internationale de football association (FIFA) pour le Mondial nord-américain. Il était l'un des sept officiels africains choisis pour cette édition et avait été désigné arbitre de l'année 2025 par la Confédération africaine de football (CAF), l'instance dirigeant le football sur le continent.

La FIFA a confirmé dans une déclaration officielle que l'arbitre n'avait pas été autorisé à entrer aux États-Unis et qu'il ne pourrait pas officier lors de la Coupe du monde. L'organisation a précisé n'être « pas impliquée dans les processus d'immigration des pays hôtes, y compris les décisions relatives aux visas », et avoir été informée par les autorités que « le statut de M. Artan ne sera pas modifié pour le moment ».

Un nouveau cas de tension diplomatique autour des visas

Ce refus d'entrée constitue un nouvel épisode de tensions affectant les démarches administratives des participants au tournoi. La semaine dernière, les membres de l'équipe iranienne de football avaient finalement obtenu leurs visas après des mois d'incertitude liés au conflit entre les États-Unis et l'Iran. En revanche, plus d'une douzaine de membres du personnel d'encadrement de la délégation iranienne s'étaient vu refuser l'accès au sol américain.

L'administration américaine a imposé des restrictions sévères en matière de voyages et de visas à l'encontre de la Somalie, pays d'Afrique de l'Est. En décembre dernier, le président américain avait qualifié les immigrants somaliens de « déchets » lors d'une diatribe xénophobe à la Maison-Blanche, affirmant que la Somalie « n'est même pas un pays ».

Parallèlement, le Pentagone mène des dizaines de frappes aériennes contre des cibles militantes en coordination avec le gouvernement somalien. La Somalie, république fédérale, s'engage depuis une quinzaine d'années sur la voie d'une stabilisation de l'État, mais son gouvernement est confronté à l'insurrection du groupe armé Al-Shabab.

Une déception immense en Somalie

Figure admirée en Somalie pour avoir accédé à une reconnaissance internationale malgré les difficultés que traverse son pays, Omar Abdulkadir Artan suscite une vive émotion depuis l'annonce de son exclusion. « Quand j'ai appris la nouvelle, j'ai failli m'effondrer car j'avais de grands espoirs en lui », a confié Ibrahim Abukar Ahmed, un habitant de Mogadiscio âgé de 27 ans. « Aujourd'hui est un jour triste, non seulement pour Artan, mais pour des millions de Somaliens. »