Au terme d’un scrutin législatif anticipé, le parti du Premier ministre sortant Nikol Pachinian a remporté une large victoire, confortant sa majorité au parlement. Ce résultat, annoncé officiellement dans la journée, a suscité des réactions internationales immédiates, tant à Moscou qu’à Bruxelles et Paris.
Un scrutin sous haute tension Les élections législatives arméniennes se sont déroulées dans un climat tendu, marqué par les pressions diplomatiques russes et les interrogations sur l’avenir géopolitique du Caucase. Le parti «Contrat civil», formation pro-européenne dirigée par Nikol Pachinian, est arrivé largement en tête, devançant nettement les partis d’opposition favorables à un maintien des liens étroits avec la Russie. Le Premier ministre a revendiqué la victoire dès la publication des premières estimations, saluant «un choix démocratique et souverain».
Réactions de l’Union européenne La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne a estimé que cet appel des urnes signifiait que «l’Arménie a choisi un avenir en Europe». Dans une déclaration publique, elle a souligné que ce choix était intervenu «en dépit des pressions russes», une allusion aux tentatives de Moscou de maintenir Erevan dans son orbite. Cette prise de position intervient alors que les relations entre l’Arménie et la Russie se sont tendues ces derniers mois, en raison du rapprochement arménien avec les institutions européennes.
Emmanuel Macron félicite Pachinian Le président français Emmanuel Macron a également salué la victoire de Nikol Pachinian, qu’il considère comme un partenaire clé dans la région. Dans un message officiel, il a félicité le peuple arménien pour «son engagement démocratique» et réaffirmé le soutien de la France à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Arménie. Paris et Erevan entretiennent des relations privilégiées, notamment dans les domaines de la défense et de la coopération économique.
Implications géopolitiques Cette victoire conforte la ligne pro-occidentale du gouvernement arménien, qui a multiplié les signes d’ouverture vers l’Union européenne et l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), tout en prenant ses distances avec l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), dominée par Moscou. Le Kremlin n’a pas encore officiellement commenté les résultats, mais des analystes estiment que cette défaite des partis pro-russes pourrait accélérer la réorientation stratégique de l’Arménie. Le nouveau parlement devra notamment aborder les dossiers sensibles de la délimitation des frontières avec l’Azerbaïdjan et de la normalisation des relations avec la Turquie.
Des défis économiques et sociaux Au-delà des enjeux diplomatiques, le gouvernement reconduit devra faire face à des difficultés économiques persistantes, à l’inflation et à la nécessité de réformes institutionnelles. La population arménienne attend des mesures concrètes pour améliorer le niveau de vie et réduire la dépendance énergétique. La majorité parlementaire dont dispose désormais Nikol Pachinian lui offre une marge de manœuvre pour engager ces chantiers, mais l’opposition pourrait chercher à mobiliser la rue pour protester contre une politique jugée trop occidentale.
Un signal fort pour l’UE La déclaration de la cheffe de la diplomatie européenne confirme que Bruxelles considère ce scrutin comme un test pour l’influence de l’Union dans le Caucase. En saluant explicitement le choix arménien, l’UE envoie un message aux autres pays de la région, notamment la Géorgie et la Moldavie, également confrontés à des pressions russes. La voie semble désormais ouverte pour approfondir les négociations en vue d’un accord de partenariat renforcé entre Erevan et Bruxelles.