Ce dimanche 7 juin, les électeurs arméniens sont appelés aux urnes pour renouveler leur Assemblée nationale. Le scrutin est largement perçu comme un test décisif pour la politique d’ouverture vers l’Union européenne menée par le chef du gouvernement, Nikol Pachinian, et pour la capacité du pays à préserver sa souveraineté face aux pressions de Moscou.

Dans les heures qui ont précédé l’ouverture des bureaux de vote, six candidats ouvertement favorables à la Russie ont été placés en détention par les forces de l’ordre. Cette intervention judiciaire intervient dans un climat de fortes tensions, l’opposition dénonçant une utilisation de l’appareil d’État à des fins politiques.

La campagne électorale a été marquée par une intense désinformation, attribuée à des réseaux russes, visant à influencer l’opinion publique arménienne. Plusieurs contenus trompeurs ont circulé sur les réseaux sociaux, ciblant en particulier les électeurs indécis. Les autorités locales ont appelé à la vigilance face à ces ingérences.

Parallèlement, une partie de la jeunesse arménienne exprime un profond désenchantement à l’égard de la classe politique. Nombre de jeunes électeurs, lassés par les promesses non tenues et la situation économique difficile, pourraient s’abstenir massivement, ce qui constituerait un signal d’alerte pour les partis en lice.

L’enjeu de ce vote dépasse la simple composition du Parlement : il s’agit de déterminer si l’Arménie poursuit son rapprochement avec l’Occident ou revient dans l’orbite russe. Pour les observateurs, la souveraineté nationale est au cœur du scrutin, mise à l’épreuve par la volonté du gouvernement de diversifier ses alliances diplomatiques et économiques.

Les premiers résultats sont attendus dans la soirée. Quelle que soit l’issue, ce scrutin restera comme un moment charnière dans l’histoire récente du pays, entre héritage postsoviétique et aspirations européennes.