Les travaux du sommet du G7 réuni à Évian-les-Bains sont largement absorbés par la crise entre les États-Unis et l’Iran. Alors que l’ordre du jour officiel avait été conçu pour aborder des thèmes comme la régulation économique, la transition énergétique ou la stabilité financière, les chefs d’État et de gouvernement des principales puissances industrialisées consacrent l’essentiel de leurs échanges à la dégradation rapide des relations entre Washington et Téhéran.

La situation militaire et diplomatique au Moyen-Orient mobilise les délégations, qui cherchent une position commune face à l’escalade des tensions. Les discussions portent notamment sur les frappes réciproques et les menaces de représailles qui ont marqué les dernières semaines. Plusieurs dirigeants plaident pour une désescalade sans compromettre la sécurité régionale.

Un conflit qui redessine l’ordre du jour

Ce déplacement du centre de gravité du sommet est jugé inévitable par plusieurs participants. L’urgence du dossier iranien impose aux alliés de coordonner leurs réponses, qu’il s’agisse de sanctions, de canaux diplomatiques ou de posture militaire. La réunion offre une tribune pour tenter de rapprocher les positions américaines et européennes, qui divergent sur certains aspects.

Parallèlement, la guerre en Ukraine demeure un sujet central. Les dirigeants doivent réaffirmer leur soutien à Kiev et discuter des nouvelles sanctions contre la Russie. L’articulation entre la crise ukrainienne et le conflit au Moyen-Orient complique l’agenda, chaque dossier exigeant des décisions urgentes.

Les quatre invités arabes au cœur des échanges

La présence des représentants de l’Égypte, de l’Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis, invités officiellement par le président français Emmanuel Macron, est perçue comme une tentative d’élargir le dialogue régional. Paris espère que ces puissances arabes pourront jouer un rôle de médiation ou de stabilisation. Leur participation témoigne de la volonté d’associer des acteurs clés du Moyen-Orient à la gestion des crises.

Ces invités prennent part aux discussions sur l’Iran, mais aussi sur les approvisionnements énergétiques et la sécurité maritime dans le golfe Persique. Leurs délégations insistent sur la nécessité d’une solution politique et d’une déescalade militaire.

Un calendrier perturbé

Du fait de l’actualité brûlante, les sessions consacrées aux questions classiques du G7 — commerce, climat, numérique — sont écourtées ou repoussées. Plusieurs chefs de délégation estiment que ces thématiques, pourtant cruciales, passent au second plan dans l’urgence sécuritaire. Les conclusions du sommet devraient néanmoins inclure des engagements sur la coordination économique, même si les déclarations finales seront probablement centrées sur les crises internationales.

L’ambiance à Évian est décrite comme tendue, mais constructive. Les discussions en marge des séances plénières sont nombreuses, les diplomates s’efforçant de trouver des compromis acceptables pour tous. Aucune annonce majeure n’a encore filtré à ce stade des travaux, mais plusieurs sources évoquent la possibilité d’une déclaration commune sur l’Iran avant la clôture.