Hôtes inédits dans les Alpes
La présidence française a confirmé que quatre nations de la péninsule arabique et du bassin méditerranéen orientale prendront part au prochain sommet du G7. Emmanuel Macron a en effet révélé que l'Égypte, l'Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis ont été conviés à la réunion des principales puissances industrialisées, prévue en juin dans la station thermale d'Évian, en Haute-Savoie.
Cette invitation, annoncée par le président de la République, élargit le cercle des participants au-delà des membres traditionnels du groupe (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni). La venue de ces quatre capitales intervient dans un contexte international particulièrement tendu, alors que les affrontements entre les États-Unis et l'Iran dominent l'agenda diplomatique.
Un sommet sous le signe de la crise iranienne
Le choix d'Évian comme lieu de rassemblement n'est pas neutre. La guerre au Moyen-Orient, qui s'est intensifiée ces dernières semaines avec des frappes américaines contre l'Iran et des ripostes de Téhéran, constitue la toile de fond de cette édition 2026 du G7. En invitant Le Caire, Riyad, Doha et Abou Dhabi, Paris cherche à associer des acteurs régionaux clés aux discussions sur la sécurité et la stabilisation de la zone.
Ces quatre pays entretiennent des relations variées avec l'Iran et les factions armées pro-iraniennes. L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, notamment, sont des poids lourds du Golfe qui disposent d'une influence diplomatique et économique considérable au Proche-Orient. Le Qatar, de son côté, joue un rôle de médiateur dans plusieurs dossiers régionaux, tandis que l'Égypte, première puissance démographique du monde arabe, est un interlocuteur incontournable sur les questions de sécurité au Levant et en Afrique du Nord.
Un format élargi pour une ambition diplomatique
Cette pratique d'inviter des pays extérieurs au G7 lors d'un sommet n'est pas nouvelle, mais elle prend ici une dimension particulière. La France, qui assure la présidence tournante du groupe cette année, entend faire de cette réunion un moment de dialogue élargi. En associant des puissances arabes aux travaux, l'exécutif français espère aborder de front les crises qui secouent la région, notamment le conflit israélo-palestinien et les tensions autour du programme nucléaire iranien.
Le sommet d'Évian se déroulera sur plusieurs jours, avec un programme mêlant sessions de travail entre les membres du G7 et des rencontres avec les pays invités. Les chefs d'État et de gouvernement invités devraient aborder les questions de sécurité collective, de stabilisation économique et de réponse aux crises humanitaires engendrées par les affrontements.
Réactions et enjeux
La décision française a été accueillie avec intérêt dans les capitales concernées, même si aucune déclaration officielle de leur part n'a encore été émise. Du côté des membres du G7, des consultations sont en cours pour définir l'ordre du jour précis des discussions avec les quatre invités.
Les analystes soulignent que cette invitation constitue une reconnaissance du rôle central que jouent ces États dans l'équilibre géopolitique actuel. Elle intervient alors que les frappes américaines contre l'Iran ont suscité des inquiétudes dans toute la région, et que les appels à un cessez-le-feu se multiplient.
Le sommet d'Évian pourrait ainsi être l'occasion d'esquisser les contours d'une nouvelle architecture de sécurité au Moyen-Orient, associant les puissances occidentales et les acteurs régionaux. Reste à savoir si les positions divergentes sur le dossier iranien, notamment entre Washington et certains partenaires européens, permettront d'aboutir à des déclarations communes avec les invités arabes.