Le sommet du G7 à Évian, réunissant les chefs d'État et de gouvernement des sept démocraties les plus industrialisées, est marqué ce lundi 15 juin par une série d'entretiens bilatéraux. Au cœur des discussions, la crise américano-iranienne accapare l'attention des grandes puissances, reléguant au second plan d'autres sujets comme le climat ou l'économie mondiale.
Le président français, Emmanuel Macron, a reçu ce lundi son homologue américain, Donald Trump, pour un tête-à-tête axé sur les tensions au Proche-Orient. Les deux dirigeants devaient notamment évoquer les termes d'un éventuel accord visant à désamorcer le conflit ouvert entre les États-Unis et l'Iran. Aucune déclaration conjointe n'a été faite à l'issue de cette rencontre, les conseillers des deux présidents s'étant refusés à tout commentaire dans l'immédiat.
Un sommet sous le signe de l'urgence diplomatique
L'ordre du jour officiel du G7, qui devait initialement porter sur la transition énergétique, la régulation du numérique et les inégalités mondiales, a été bouleversé par l'escalade entre Washington et Téhéran. Les frappes américaines de ces dernières semaines contre des installations iraniennes et les représailles iraniennes en mer Rouge et dans le détroit d'Ormuz ont accru la pression sur les alliés européens, désireux d'éviter un embrasement généralisé.
La question ukrainienne, bien que toujours présente, a été partiellement éclipsée par le dossier iranien. Plusieurs chefs de délégation ont toutefois réaffirmé leur soutien à Kiev, insistant sur la nécessité de maintenir une unité de façade face à la fois à la Russie et à l'Iran.
Macron en médiateur
Emmanuel Macron, qui s'était entretenu dimanche avec plusieurs dirigeants de la région, dont le roi Salmane d'Arabie saoudite et l'émir du Qatar, cherche à jouer un rôle de médiateur entre les deux camps. Il avait annoncé la semaine dernière l'invitation de quatre pays arabes – l'Égypte, l'Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis – à participer aux travaux du G7, une initiative destinée à élargir le cercle des discussions sur la sécurité régionale.
Le chef de l'État français était l'invité du journal télévisé de 13 heures de TF1 avant de recevoir Donald Trump, une séquence qui a permis de mesurer l'importance qu'il accorde à ce dossier dans la conduite du sommet. "Il faut tout faire pour éviter une guerre généralisée au Proche-Orient", aurait-il déclaré, selon des propos rapportés par son entourage.
Les partenaires européens en retrait
La chancelière allemande, Olaf Scholz, et le Premier ministre britannique, Keir Starmer, ont exprimé leur soutien aux efforts de médiation français, tout en rappelant leur attachement à une solution diplomatique. Le président du Conseil italien, Giorgia Meloni, a pour sa part insisté sur la nécessité de préserver la liberté de navigation en mer Rouge, directement menacée par les frappes iraniennes.
Le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, et le Premier ministre canadien, Mark Carney, ont plaidé pour une réponse coordonnée des alliés face à ce qu'ils considèrent comme une menace pour la stabilité mondiale.
Des annonces attendues
À l'issue du sommet, qui doit s'achever demain, une déclaration commune est attendue. Plusieurs sources diplomatiques indiquent qu'elle pourrait comprendre un appel à la désescalade et une proposition de nouvelle négociation internationale sur le programme nucléaire iranien. Les discussions intenses de ces dernières heures laissent entrevoir la possibilité d'une déclaration plus consistante, même si les positions respectives des parties restent encore éloignées.