Le rendez-vous que la mère de la petite Rosa devait avoir avec le ministre chargé des Outre-mer, Sébastien Lecornu, à Matignon, a été annulé. L’information a été confirmée par l’avocat de la plaignante, qui déplore une décision prise « sans fondement » et qui constitue, selon lui, « une preuve de la réalité des victimes abandonnées sur le terrain ».

Ce rendez-vous, initialement fixé après la médiatisation de l’affaire Lyhanna, devait permettre à la mère de Rosa d’échanger directement avec le gouvernement sur les défaillances qu’elle dénonce dans le traitement judiciaire et policier du dossier. La mère de l’enfant a porté plainte contre l’État, l’accusant d’inaction face aux viols présumés commis sur sa fille par Jérôme Barella, un homme déjà condamné pour d’autres faits.

Une annulation brutale

Selon les déclarations de l’avocat, la convocation a été retirée sans motif clair, peu avant la date prévue. « Nous avions été reçus dans un premier temps, et tout laissait entendre que cette rencontre aurait bien lieu. Puis, sans explication, le cabinet du ministre nous a informés qu’elle était annulée », a-t-il indiqué. Il estime que ce revirement illustre le manque de considération des autorités envers les victimes de violences sexuelles.

Le conseil de la mère de Rosa a également souligné que cette annulation intervient alors qu’un prérapport d’inspection, rendu public quelques jours plus tôt, avait déjà mis en lumière des carences graves dans le suivi de l’affaire par la gendarmerie. Ce document préconisait des sanctions à l’encontre de deux militaires, confirmant les failles dénoncées par la famille depuis des mois.

Des réactions politiques attendues

De son côté, le cabinet de Sébastien Lecornu n’a pas officiellement commenté les raisons de cette annulation. Plusieurs associations de défense des droits des enfants et des victimes ont exprimé leur indignation, appelant le gouvernement à revenir sur cette décision et à recevoir la mère de Rosa sans délai.

L’affaire Lyhanna, du nom de la plateforme en ligne où Rosa aurait été exposée à des actes pédocriminels, a provoqué une vive émotion dans l’opinion publique. Une cagnotte de soutien à la mère de l’enfant avait déjà récolté plus de 18 000 euros, témoignant de la large sympathie suscitée par son combat.

Un bras de fer judiciaire et administratif

Alors que la plainte contre l’État suit son cours, l’avocate de la mère de Rosa a fait savoir que cette annulation ne remettait pas en cause la détermination de sa cliente à obtenir justice. « Ce n’est qu’une étape de plus dans un parcours semé d’obstacles. Nous continuerons à nous battre pour que Rosa et toutes les victimes soient entendues », a-t-elle déclaré.

Pour l’heure, aucun nouveau rendez-vous n’a été proposé par les services de Matignon. La mère de Rosa attend désormais une réaction officielle du gouvernement, alors que la pression médiatique et citoyenne ne faiblit pas.