À quelques heures du coup d'envoi du huitième de finale entre les États-Unis et la Belgique, la Fédération internationale de football (FIFA) a annulé dimanche la suspension de Folarin Balogun, meilleur buteur de la sélection américaine. Ce revirement, qualifié d'« injustice » par le président américain, intervient après une intervention directe de la Maison-Blanche auprès de l'instance dirigeante du football mondial.
Balogun avait écopé d'un carton rouge lors du dernier match de groupe, ce qui devait le priver de la rencontre décisive contre les Belges. Mais, selon plusieurs sources, des hauts responsables de l'administration Trump – dont le secrétaire au Commerce Howard Lutnick et Andrew Giuliani, directeur exécutif de la task force de la Maison-Blanche pour la Coupe du Monde – ont mobilisé des avocats pour tenter de faire annuler la sanction, en dépit des règles de la FIFA qui interdisent ce type d'appel.
Le président Trump a remercié la FIFA sur les réseaux sociaux pour avoir « réparé une grande injustice », tandis que le compte officiel de la Maison-Blanche a relayé le message en scandant « USA-USA-USA ». Cette décision a immédiatement modifié les pronostics : les Américains sont désormais donnés favoris sur les sites de paris Kalshi et Polymarket.
La Belgique conteste
La Fédération royale belge de football a annoncé son intention de faire appel de la décision, estimant que le processus n'a pas respecté les règles. L'Union des associations européennes de football (UEFA) a également dénoncé l'intervention, tout comme des responsables politiques à Bruxelles, qui y voient une ingérence politique inacceptable.
Des précédents existent – des supporters de Cristiano Ronaldo peuvent en témoigner – mais jamais une pression présidentielle n'avait été aussi directement exercée. Ce cas sans précédent ravive les tensions autour de l'organisation de la Coupe du Monde 2026, déjà marquée par des controverses commerciales et politiques.
Un match sous haute tension
Au-delà de l'aspect sportif, ce duel américano-belge promet d'être l'un des plus suivis du tournoi. Les sponsors, les diffuseurs et les bookmakers se frottent les mains : la présence de Balogun relance l'intérêt et l'incertitude. Sur les réseaux sociaux, l'humour noir côtoie les protestations. Certains internautes ironisent sur le rôle du président américain dans le football mondial, tandis que d'autres dénoncent un deux poids, deux mesures.
La rencontre se déroule ce lundi soir. Les supporters belges espèrent que l'appel de leur fédération aboutira à un nouveau retournement, mais la FIFA semble déterminée à maintenir sa décision. Quoi qu'il en soit, ce match restera dans les annales comme celui où la politique a directement pesé sur le ballon rond.