La Coupe du Monde 2026, qui a débuté au Mexique avant d'arriver aux États-Unis, se déroule dans une atmosphère mêlant excitation et controverse. Alors que les supporters attendent avec impatience les matchs, notamment celui des États-Unis contre le Paraguay vendredi, des préoccupations majeures entourent l'organisation du tournoi.

Les prix des billets, particulièrement élevés, constituent l'une des principales sources de mécontentement. Pour la première fois, la FIFA a recours à une tarification dynamique, ce qui a considérablement augmenté les coûts par rapport à l'édition de 1994, où les billets les moins chers étaient vendus à partir de 25 dollars. Actuellement, une place en hauteur pour le match États-Unis-Paraguay se négocie à plus de 900 dollars sur les marchés secondaires, tandis que les places les plus proches du terrain atteignent plus de 4 000 dollars. Cette situation a conduit les procureurs généraux de New York et du New Jersey à enquêter sur les pratiques de la FIFA en matière de vente de billets, notamment sur d'éventuelles informations trompeuses concernant les options de sièges. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a rejeté ces enquêtes, suggérant que si la FIFA avait enfreint les règles, l'ensemble de l'Amérique du Nord serait également en tort.

La question de l'accessibilité financière a également affecté les groupes de supporters. Les American Outlaws, association de fans des équipes nationales américaines, n'ont pas pu garantir des billets à prix abordable pour leurs membres. Trevin Wurm, un supporter de 34 ans originaire du Nebraska, a exprimé sa déception face à cette situation, soulignant que l'enthousiasme initial pour une Coupe du Monde à domicile a été terni par les prix et le manque d'accessibilité.

Parallèlement, les coûts de sécurité atteignent des sommets, et des inquiétudes persistent concernant les embouteillages et les problèmes de transport en commun. Aux États-Unis, en dehors du Nord-Est, les options de transport en commun sont limitées, ce qui suscite des craintes pour les supporters habitués à des réseaux de transport public développés. À Arlington, au Texas, aucun transport en commun ne dessert le stade, obligeant les organisateurs à recommander aux fans de prendre un train de banlieue jusqu'à une gare proche.

Les réservations d'hôtels sont également inférieures aux attentes, selon un rapport de l'American Hotel & Lodging Association publié en mai. Ce rapport attribue cette situation en partie aux problèmes de visas qui auraient dissuadé certains supporters internationaux, ainsi qu'à des réservations excessives de la part de la FIFA, créant une demande artificielle précoce.

Malgré ces difficultés, l'enthousiasme reste palpable, notamment dans les communautés immigrantes et les villes hôtes. Des rassemblements sont prévus dans les quartiers comme Little Morocco à New York ou Tehrangeles en Californie du Sud. L'équipe américaine, composée de talents comme Christian Pulisic et Weston McKennie, suscite l'espoir. Le tournoi, élargi à 48 équipes et se déroulant dans 16 villes hôtes aux États-Unis, au Canada et au Mexique, offre à davantage de nations une chance de participer.

La FIFA devrait générer plus de 10 milliards de dollars grâce à ce tournoi, mais les retombées économiques pour les villes hôtes restent incertaines. Les autorités locales ont avancé des estimations d'impact économique jugées exagérées par la plupart des experts. Certains supporters, comme Sandro Ferro, résident de Santa Clarita, en Californie, expriment des sentiments mitigés, mêlant frustration face aux prix et espoir que l'ambiance des matchs dissipe les critiques. « Je pense qu'une fois que le ballon commencera à rouler, j'oublierai toutes ces choses négatives », a-t-il déclaré.