Alors que le coup d'envoi de la Coupe du Monde de football 2026 se profile, les cinquante premières heures de compétition sont marquées par une polémique grandissante autour des conditions d'organisation. L'édition nord-américaine, qui se déroule aux États-Unis, au Mexique et au Canada, prévoit 104 matches en 39 jours, jusqu'à la finale prévue le 19 juillet. Mais parallèlement à l'effervescence sportive, un vent de contestation souffle, porté par des voix qui dénoncent un "appel d'argent éhonté".
Controverse sur les coûts et l'accueil
Ces critiques émanent notamment d'observateurs qui pointent du doigt la politique tarifaire jugée excessive, le coût des transports, les menaces climatiques et les questions de sécurité. Un chroniqueur du Guardian, Jonathan Liew, a exprimé un sentiment de malaise face à l'ambiance du tournoi dans un pays dirigé par Donald Trump. Selon lui, "les États-Unis de Donald Trump sont tonalement différents de tout hôte d'un grand événement sportif qui les a précédés : un pays qui veut activement que vous voyiez l'obscurité dans son cœur, l'inhumanité en son cœur, qui prend son pied de votre révulsion."
Les organisateurs sont également accusés de privilégier les profits au détriment de l'expérience des supporters et des valeurs du sport. Fifa se retrouve au centre des reproches, souvent désignée comme le principal responsable des dérives. L'instance mondiale du football est accusée de sacrifier l'intérêt du jeu sur l'autel des intérêts commerciaux.
Gianni Infantino dans le viseur
Le président de la Fifa, Gianni Infantino, est particulièrement visé. Dans une tribune au vitriol, Jonathan Liew l'a qualifié de "l'un des plus grands lâches du sport" en lien avec le scandale impliquant Omar Artan. Ce dernier, un joueur américain, a été au centre d'une affaire qui a mis en lumière les relations ambiguës entre la Fifa et l'administration Trump. L'affaire Artan révèle, selon les critiques, une fragilisation des principes d'intégrité et de transparence au sein de l'organisation.
Des questions climatiques et sécuritaires
Au-delà des aspects mercantiles, le Mondial 2026 suscite des interrogations sur son impact environnemental. Les déplacements massifs de spectateurs, d'équipes et de logistique sur un territoire aussi vaste génèrent une empreinte carbone considérable, ce qui alimente les préoccupations des défenseurs de l'environnement. Par ailleurs, les mesures de sécurité, renforcées dans le contexte géopolitique tendu, sont perçues par certains comme liberticides ou disproportionnées.
Un tournoi sous tension
Ainsi, alors que les premières rencontres se jouent et que les supporters convergent vers les stades, la Coupe du Monde 2026 est déjà le théâtre d'une confrontation entre la célébration du sport et une critique acerbe de ses dérives. Si l'excitation sportive demeure palpable, les polémiques qui entourent l'organisation risquent de laisser une empreinte durable sur l'édition nord-américaine. Les prochains jours seront décisifs pour la Fifa, qui devra gérer à la fois les attentes des millions de fans et les accusations de dérive marchande.