Plus de 170 navires ont traversé le détroit d'Ormuz depuis l'entrée en vigueur de l'accord conclu entre Washington et Téhéran, selon les données de la société d'analyse maritime Kpler. Le trafic observé reste toutefois inférieur aux niveaux d'avant le conflit.

Au moins 172 bâtiments ont franchi ce passage stratégique à partir du 18 juin, au lendemain de la signature du mémorandum entre les deux capitales. Le 20 juin, 42 navires ont effectué la traversée en une seule journée. Ce chiffre demeure bien en deçà de la moyenne quotidienne d'environ 138 transits enregistrée avant le début des hostilités.

Les données de localisation par satellite indiquent que plus de 200 pétroliers semblent stationner à l'intérieur du détroit, tandis qu'au moins dix navires se dirigeaient vers l'ouest, dans le golfe Persique. Par ailleurs, plus de 250 pétroliers et 440 cargos se trouvent encore dans le golfe, d'après leurs dernières positions connues. Plus de 80 % des pétroliers sont à l'arrêt ou au mouillage, et environ un sur six semble transporteur de cargaison.

La levée du blocus naval américain, prévue par l'accord, a permis à de nombreux pétroliers liés à l'Iran de reprendre la route. Au moins 30 navires-citernes ont quitté le golfe transportant du pétrole brut et des produits pétrochimiques iraniens depuis la signature de l'accord, d'après Jemima Shelley, analyste principale au sein du groupe de surveillance United Against Nuclear Iran. Le département américain du Trésor a également assoupli des sanctions vieilles de plusieurs décennies en délivrant une licence autorisant la vente de pétrole brut iranien, de produits pétrochimiques et d'autres produits pétroliers jusqu'au 21 août.

Lundi, au moins cinq pétroliers précédemment sanctionnés par Washington pour leurs liens avec Téhéran ont traversé le détroit, transportant jusqu'à quatre millions de barils de pétrole.

Le trafic « normal » connaît aussi une augmentation, a observé Martin Kelly, du cabinet de gestion de crise EOS Risk Group. Quatre méthaniers ont été repérés en direction du port qatari de Ras Laffan lundi, et au moins trois pétroliers et trois cargos ont quitté le golfe mardi.

Tous ces transits empruntent la route nord autorisée par l'Iran, via les eaux iraniennes, et non la route sud recommandée par les États-Unis, longeant la côte omanaise.

L'accord engage l'Iran à user de ses « meilleurs efforts pour le passage en sécurité des navires commerciaux sans frais pendant 60 jours ». Le mémorandum prévoit également que Téhéran coopère avec Oman pour « définir la future administration et les services maritimes » du détroit.

L'Autorité iranienne du détroit du Golfe Persique (PGSA) a publié vendredi ses conditions de transit. « Aucun navire n'est autorisé à passer par le détroit d'Ormuz sans un permis de passage valide délivré par la PGSA », a-t-elle déclaré. La PGSA étant sous le coup de sanctions américaines, Martin Kelly estime que certains propriétaires de navires hésitent à demander ces permis iraniens.

Des déclarations contradictoires de responsables iraniens ont semé le doute sur le statut du détroit. Le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a affirmé samedi que le détroit avait été fermé en riposte à des frappes israéliennes au Liban, mais le trafic a continué de s'écouler. Mardi, l'ambassadeur de Téhéran auprès de l'ONU à Genève a déclaré que le détroit était ouvert, tandis qu'une source militaire a indiqué à une agence de presse iranienne que le nombre de transits quotidiens était... (la fin de la phrase est absente des sources).

Le prix du baril de pétrole Brent, référence mondiale, est tombé à son plus bas niveau depuis le début de la guerre, conséquence directe de la reprise escomptée des flux pétroliers iraniens sur le marché mondial.