Un cadre de paix convenu entre les deux parties

Washington et Téhéran sont parvenus dimanche à un accord destiné à stopper les hostilités qui durent depuis plusieurs mois. Le texte, qualifié de « mémorandum d’entente » par les autorités iraniennes, prévoit un cessez-le-feu immédiat sur tous les théâtres d’opération, y compris au Liban où l’armée israélienne et le Hezbollah, soutenu par l’Iran, sont engagés dans des combats. Israël, qui n’a pas pris part aux négociations, ne s’était pas encore prononcé sur cet accord lundi matin.

Un calendrier en deux phases

L’accord, qui doit être signé par les dirigeants des deux pays vendredi à Genève, en Suisse, instaure une trêve de soixante jours. Cette période doit permettre d’engager des négociations plus approfondies sur le programme nucléaire iranien, sujet central des tensions ayant conduit à l’escalade militaire. Les modalités de la levée des sanctions américaines contre l’Iran feront également l’objet de discussions lors de cette phase. Les dirigeants iraniens ont confirmé que la levée du blocus naval imposé par les États-Unis sur leurs ports interviendrait dès la signature.

Le détroit d’Ormuz rouvert dès vendredi

Le président Donald Trump a annoncé sur les réseaux sociaux que le détroit d’Ormuz, voie maritime cruciale pour le transport pétrolier mondial, serait rouvert vendredi à l’issue de la signature. Il a également indiqué avoir ordonné « la levée immédiate du blocus naval américain » sur les ports iraniens. De son côté, Téhéran a confirmé ce calendrier. La réouverture de ce passage stratégique a provoqué une chute des cours du pétrole et un rebond des marchés boursiers.

Des questions en suspens

Si l’annonce a été saluée par de nombreux dirigeants étrangers, plusieurs questions restent ouvertes. Le sort du programme nucléaire iranien, véritable déclencheur des frappes américano-israéliennes, n’est pas réglé et est renvoyé à la deuxième phase des négociations. Par ailleurs, la situation au Liban demeure complexe : la fin des combats y dépendra de la capacité des États-Unis à obtenir un retrait militaire d’Israël et de la volonté de l’Iran de contraindre le Hezbollah à cesser ses tirs de roquettes. Un raid aérien israélien mené dimanche sur la banlieue sud de Beyrouth, en riposte à des tirs du Hezbollah, a failli faire capoter l’accord. Une médiation de dernière minute menée par le Qatar a permis de désamorcer la crise.

Réactions politiques et économiques

Les réactions des parlementaires américains se sont largement alignées sur les clivages partisans. Le sénateur républicain Lindsey Graham a toutefois exprimé son scepticisme quant à la portée réelle de l’accord. Sur le plan international, le président français Emmanuel Macron a indiqué que les dirigeants du G7, réunis en sommet en France à partir de lundi, discuteraient de la réouverture à long terme du détroit d’Ormuz.

Un impact mondial immédiat

L’annonce de l’accord a entraîné une baisse significative des prix du pétrole, les marchés anticipant un retour progressif des flux d’hydrocarbures via le détroit d’Ormuz. Les chaînes d’approvisionnement, gravement perturbées par le conflit, devraient commencer à se rétablir, même si les conséquences économiques de la guerre, notamment l’inflation, continueront de se faire sentir pendant plusieurs mois.