Un accord scellé à distance

Les présidents américain Donald Trump et iranien Masoud Pezeshkian ont apposé leur signature électronique sur un mémorandum d’entente (MoU) visant à prolonger le cessez-le-feu dans le conflit qui oppose leurs deux nations. Le Pakistan, qui assure la médiation du processus de paix, a indiqué que le texte, baptisé « mémorandum d’Islamabad », était entré en vigueur dès mercredi.

L’accord prévoit notamment la réaffirmation par Téhéran de son engagement à ne pas développer d’arme nucléaire, la fin des hostilités sur tous les fronts et la réouverture du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour le transport pétrolier. Le conflit avait débuté le 28 février, lorsque les États-Unis et Israël avaient lancé des frappes contre l’Iran. Une trêve temporaire avait déjà suspendu l’essentiel des combats les plus intenses le 8 avril. Ce nouveau texte étend la trêve de soixante jours, ouvrant la voie à des négociations plus larges sur le programme nucléaire iranien, les sanctions américaines et le dégel des avoirs gelés.

Les positions de Téhéran et de Washington

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, s’est exprimé devant les médias de son pays après la signature. Il a prévenu que l’Iran surveillerait « sans aucune indulgence » le respect de ses engagements par les États-Unis et qu’il ne « remplirait » pas ses propres obligations si Washington « se dérobait aux siennes ». Il a précisé que le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions américaines seraient abordés durant la période de soixante jours, mais que le programme de missiles de Téhéran resterait hors de la table des négociations. Baghaei a également indiqué que l’Iran n’exporterait pas son stock d’uranium hautement enrichi, que les États-Unis devaient amener Israël à respecter ses engagements envers l’Iran, et que Téhéran finaliserait avec Oman un nouveau régime de gestion du détroit d’Ormuz prévoyant la « facturation de services ».

Côté américain, des images vidéo ont montré le moment où Donald Trump a signé physiquement l’accord intérimaire au palais de Versailles. S’arrêtant avant d’apposer sa signature, il a déclaré à son auditoire : « Cela n’a pas été facile », tout en tendant les mains.

Les réactions de la communauté internationale

Plusieurs pays ont accueilli favorablement la nouvelle. Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a estimé que « le travail technique commence maintenant » en ce qui concerne le programme nucléaire iranien.

D’autres réactions ont été rapportées, sans que leurs sources soient précisées, mais l’ensemble des commentaires soulignent un soulagement face à la perspective d’une désescalade militaire et d’une reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.

Des négociations à venir

L’accord de cessez-le-feu prolongé de soixante jours doit permettre aux deux parties d’entamer des pourparlers de fond. Si l’Iran a d’ores et déjà exclu toute discussion sur son programme de missiles, les sujets du nucléaire et des sanctions restent centraux. La gestion du détroit d’Ormuz, avec l’implication d’Oman, constitue un autre point clé de la mise en œuvre du mémorandum.