Une annonce surprise parrainée par le Pakistan
Les États-Unis et l’Iran ont conclu un mémorandum d’entente prévoyant l’arrêt « immédiat et permanent » des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban. L’annonce a été faite dimanche par le médiateur pakistanais, avant d’être confirmée par les deux capitales. Une cérémonie officielle de signature est prévue le 19 juin en Suisse.
Le président américain Donald Trump, qui fêtait ses 80 ans, a salué sur les réseaux sociaux un accord « avec la République islamique d’Iran désormais complet ». Il a autorisé « l’ouverture en franchise du détroit d’Ormuz » et levé immédiatement le blocus naval imposé par les États-Unis. Le dirigeant a lancé un appel aux navires du monde entier : « Que le pétrole coule ! »
De son côté, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré dans des propos télévisés que l’accord mettait un terme à la guerre et que les deux parties entameraient dans les deux mois des négociations en vue d’un « accord final ».
Détails encore imprécis
Le contenu précis du mémorandum reste flou. L’accord prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz, un soulagement des sanctions et le lancement de discussions élargies sur le programme nucléaire iranien. Aucune copie du texte n’a été divulguée.
Le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a remercié les dirigeants du Qatar, de l’Arabie saoudite et de la Turquie pour leur soutien dans la médiation.
Un contexte de guerre de trois mois
L’accord intervient après plus de trois mois de conflit au Moyen-Orient, marqué par des frappes israéliennes contre le Hezbollah, allié de l’Iran, et des affrontements navals dans la région du détroit d’Ormuz. Quelques heures avant l’annonce, Téhéran avait encore promis de riposter à une attaque israélienne dans la banlieue de Beyrouth, ce qui faisait craindre un report de l’accord.
Le chef de l’Organisation internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a salué l’accord, y voyant une « avancée majeure pour la non-prolifération ». Il a indiqué que l’AIEA était prête à reprendre des inspections en Iran dans un délai de deux semaines.
Sanctions allégées, première aide annoncée
Le Trésor américain a débloqué une première tranche de 6 milliards de dollars de fonds iraniens gelés. Selon des responsables, ces fonds, détenus dans des comptes au Qatar et en Irak, seront utilisés pour des importations humanitaires sous supervision.
Côté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a confirmé que l’accord incluait la levée progressive des sanctions pétrolières et bancaires. Il a précisé que la réouverture du détroit d’Ormuz serait effective dans les 72 heures suivant la signature.
Les implications régionales
L’arrêt des opérations militaires inclut également le Liban, où le Hezbollah est actif. Aucun détail n’a été donné sur le sort des autres fronts, comme le Yémen, où les rebelles houthis sont soutenus par Téhéran.
L’Arabie saoudite a salué l’accord par la voix de son ministre des Affaires étrangères, le qualifiant de « pas important vers la stabilité régionale ». La Chine a appelé à une mise en œuvre « complète et rapide », tandis que la Russie s’est dite prête à participer aux futures négociations sur le nucléaire.
Défis à venir
Les deux parties devront maintenant négocier un accord final dans un délai de deux mois, ce qui inclut la question du programme nucléaire iranien et la levée définitive des sanctions. Les experts estiment que les divergences demeurent profondes, mais que la trêve ouvre une fenêtre diplomatique inédite depuis des décennies.